cet été poursuivons nos réflexions...eau, économie, solidarité, santé,
crise...
UNE REFLEXION QUI DATE DE 2010 mais encore et toujours d’actualité : développer et pérenniser le tourisme
en lui donnant buts et intérêts.
"LE CHEMIN DES MOINES" :
Un trésor du passé à mieux découvrir pour nous ouvrir un autre avenir
Dans la chronique "Point de Vue" sous le titre "Tourisme, Nature et Culture", le quotidien Ouest France du 22 juillet
2010 nous donnait un aperçu de la réflexion de Jean-Pierre Rioux historien et auteur de "La France perd la mémoire".
A partir de quelques vérités évoquées par l'auteur et un invitation pour nos responsables à réfléchir comment tirer
profit de nos immenses richesses culturelles, le Président de l'Orbestier que je suis, ne pouvait pas rester insensible à de tels propos et se laisser aller, même modestement, à établir un
parallèle avec cette réflexion et ce que nous connaissons, ou plutôt avec ce que nous devrions connaître au Pays des Olonnes.
OUI ! Nous sommes en accord avec l'auteur lorsqu'il
affirme :
- que depuis le Front populaire, l'activité touristique a été livrée au marché et à l'initiative locale,
- que cette activité est surtout appréciée pour ses rentrées fiscales, sans pour autant savoir accroître la productivité
du secteur,
- que la conséquence de cette politique ou d'absence de politique pour ce secteur est que la France reste la 1ère
destination touristique de la planète avec 80 millions environ de visiteurs étrangers chaque année, mais que ses recettes touristiques ne sont qu'au 3ème rang mondial et ne représentent que 7 %
du PIB,
- que si l'on veut faire du tourisme une ressource majeure pour les années futures qui s'annoncent de vaches maigres, il
est indispensable de connecter le touristique et le culturel, deux secteurs qui s'ignorent totalement dans notre pays,
- que la France a pourtant fait preuve d'une certaine hardiesse au plan de l'aménagement du territoire et le
développement économique en instituant en 1960 les parcs nationaux (aux USA ils datent de 1870) avec tous les effets bénéfiques que l'on connait. Pour autant, elle reste très en retrait au niveau
de la dynamisation de zones périphériques des villes moyennes notamment du littoral où l'activité touristique ne demande pourtant qu'à se développer.
La transposition de cette réflexion à la Vendée et au Pays des Olonnes nous plonge sans transition sur la réussite
exceptionnelle du Puy du Fou. En basant ses activités de départ sur le culturel, l'association du Puy du Fou a pleinement réussi son pari de mobiliser des bénévoles autour de ce concept et
attirer un nombreux public friand d'histoire. Mais son plus grand mérite fut sans doute de mettre à profit ce succès pour s'impliquer directement dans l'économique afin de pérenniser l'activité
de départ et dynamiser un secteur pourtant à l'écart géographiquement des grandes zones touristiques. Il est vraisemblable que si cette association s'en était tenue à sa cinéscénie bien que de
très grande qualité, elle serait très loin aujourd'hui de l'impact qu'elle représente et qui fait d'elle une des premières entreprises vendéennes en terme de retombées économiques et
sociales.
Pour nous, au Pays des Olonnes, les choses restent très compliquées. Le constat établi d'une façon générale par Monsieur
Rioux, des méfaits du divorce entre le tourisme activité économique et le tourisme loisir culturel s'applique pleinement à notre espace
économique. Nous avons en effet à composer avec un tourisme de masse (effets directs et indirects de
l'influence des plages notamment de la plage sablaise ainsi que du Vendée Globe) et des animations culturelles, insuffisamment audacieuses en
programmation selon certains : programmation structurée aux Sables d'Olonne autour d'un service professionnel municipal et en ordre souvent confus à Olonne sur Mer et au Château d'Olonne. Le
visiteur se trouve confronté à l'amère constatation que "trop d'offres tue l'offre". Beaucoup de compétences, beaucoup d'idées innovantes se font jour sur les mêmes secteurs d'activité et aux
mêmes dates. L'impression d'un désordre chronique est accentuée par des prestations gratuites pour les uns, payantes pour les autres, assurées presque exclusivement par les municipalités ici et
par les associations ailleurs. Seule, la Communauté de Communes Auzance et Vertonne, arrive à composer avec ses partenaires associatifs, une programmation communautaire cohérente et non
concurrentielle sur son territoire.
Pour autant, même en étant conscients du problème, les remèdes connus risquent bien de s'avérer inefficaces. Il faut
bien se rendre à l'évidence que, malgré leurs efforts, les collectivités locales et environnantes auront bien du mal à s'entendre sur un projet commun assurant une cohérence de l'offre touristique ce qui, de toute évidence, est la condition première pour évoluer. Si ce n'est le cas, comment pourront-elles tirer profit des
richesses culturelles et environnementales que nous avons la chance de disposer en les liant d'une façon cohérente au tourisme de masse lié aux effets induits de la plage sablaise et à la
renommée du Vendée Globe ? De la même façon, des associations à caractère culturel et patrimonial comme L'Orbestier, ne peuvent prétendre à elles seules, par des initiatives isolées, combler tout
ou partie de ce déficit.
Réfléchir ? OUI, mais pas trop et pas trop longtemps car le temps
presse pour notre Pays des Olonnes en panne de projets d'importance. Initié par la CCO il y a quelques années, Olonnes 2020 fut un véritable laboratoire d'études et de réflexions qui avait
suscité bien des espoirs. Hélas, des grandes orientations débattues, il n'en reste rien ou presque aujourd'hui et la motivation qui avait cours chez les représentants de la société civile qui
avaient participé à ces débats s'en trouve aujourd'hui bien ébréchée. Le temps est venu de l'action concertée.
Avec le projet du "Chemin des Moines" dont les grandes lignes ont été présentées lors de
l'A.G. d'avril 2010, notre association, répond à l'essentiel des exigences formulées et peut prétendre à faire de sa réalisation, avec ses partenaires publics et privés, un produit marchand
d'envergure et une des premières structures locales en terme d'impact économique et social. Nous osons espérer que, chacun à notre place et tous ensemble, nous serons capables de dépasser les inévitables turbulences politiques politiciennes pour considérer que l'heure n'est plus à la réflexion sur le quoi mais sur le comment. Dès
lors, si c'est le cas, l'œuvre entreprise devenant communautaire et sur le long terme, personne ne pourra s'attribuer les mérites de sa réussite.
Favoriser le développement touristique en lien avec nos richesses culturelles pour en faire une ressource majeure du
Pays des Olonnes, voilà les vrais enjeux et la chance de disposer d'une réponse appropriée avec le "Chemin des Moines" pour y
parvenir. C'est aussi, ne l'oublions-pas, la meilleure façon de sauvegarder et d'enrichir nos espaces naturels divers et variés d'une qualité environnementale exceptionnelle ce qui constitue un
devoir vis-à-vis des générations futures.
Mais, gardons bien présents à l'esprit que nous sommes en 2010 et que rien ne sera possible sans l'apport des
médias à commencer par les supports locaux, départementaux et régionaux. Dans les temps difficiles que nous connaissons, leurs moyens et leur volonté d'investigation nous sont
indispensables. Au profit d'un intérêt forcément commun, nous espérons vivement pouvoir compter sur leur collaboration pleine et
entière.
Osons la fin des clivages de toutes natures !!! Osons l'action
dans la concertation et le partenariat !!! Osons ce qui a de mieux pour notre agglomération !!!Osons enfin, "faire du lien pour donner du
sens" ce qui constitue la devise de notre association.