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11 octobre 2014 6 11 /10 /octobre /2014 13:36
Le banc des prévenus de droite à gauche Monsieur BABIN, son avocat, Madame Babin qui détourne la tête, Monsieur MARRATIER et à l'arrière plan Monsieur JACOBSONNE de le DDE

Le banc des prévenus de droite à gauche Monsieur BABIN, son avocat, Madame Babin qui détourne la tête, Monsieur MARRATIER et à l'arrière plan Monsieur JACOBSONNE de le DDE

Le vendredi 10 octobre 2014 était au Tribunal des Sables d'Olonne  la dernière journée consacrée à l'audition des témoins et prévenus.

 

Un technicien du bâtiment qui savait peut-être peu de choses, trop peu de choses.

 

L'audience débutait par le témoignage de Sébastien MORISSEAU, 40 ans, dessinateur dans une société du groupe de Patrick MASLIN décédé le 1er octobre dernier. Il était inculpé d'homicide involontaire. Monsieur MASLIN était particulièrement mis en cause pour avoir construit la maison de la famille du docteur BOUNACEUR qui, dans la nuit du 27 au 28 février 2010, a perdu 4 membres de sa famille : sa mère, sa femme et ses deux enfants.

Monsieur MORISSEAU tient à faire en préliminaire une déclaration d'abord à l'adresse des familles de victimes qu'il "assure de toute sa compassion, je connaissais de nombreuses victimes".  Puis il s'adresse à la famille de Monsieur MASLIN. Il dit qu'il doit tout à cet homme qui fut son patron.


Monsieur MORISSEAU était l'homme à tout faire dans cette petite structure de 5 personnes de la réception des clients au permis de construire qu'il préparait.

Monsieur MORISSEAU était-il au courant du risque d'inondation particulièrement sur le fameux" lotissement des voiliers" dans la "cuvette de la mort "?

En questionnant Monsieur MORISSEAU, le Président ALMY interroge son patron Monsieur MASLIN post mortem. Une question revient sans cesse : pourquoi avoir refusé à Monsieur BOUNACEUR la possibilité de construire une maison à étage comme il l'a demandé ? Si cela avait été réalisé il n'y aurait pas eu ce drame dans le drame.

Monsieur MORISSEAU n'a qu'une réponse technique et financière : le terrain du lotissement a du être remblayé d'un mètre. Une maison à étage est, dans ces conditions, plus onéreuse à réaliser. Cela n'explique pas les conditions et le pourquoi de ce refus.

Aux dires de Monsieur MORISSEAU, la maison était un placement pour du locatif. Mais alors on s'étonne que toute la famille s'installe dans la maison achevée au lieu de la louer. De plus, la demande d'un étage correspondait à un souhait de Monsieur BOUNACEUR pour y installer sa mère. Les motivations de "ce refus" de l'étage supplémentaire restent un mystère.

Enfin, Monsieur MORISSEAU ne pouvait pas ne pas être au courant du projet de Plan de Prévention des Risques d'Inondation PPRI.

Monsieur MASLIN, lui aussi,  ne pouvait ne pas être au courant puisque d'une part, il était ami avec Monsieur MARRATIER et que d'autre part, il était adjoint au maire et membre de commission urbanisme. Il a donc suivi de près toutes les péripéties de l'élaboration du PPRI depuis 2002 !

Comment son bras droit pouvait-il ignorer le risque d'inondation et le PPRI ?

Comment a-t-il pu construire une maison de plain-pied à 20 ou 30 centimètres au-dessus du sol alors que les préconisations étaient déjà de 20 centimètres auxquels il faut rajouter les fameux 3,70 mètres ou 3.90 mètres liés à la cote de référence. En admettant qu'il y ait eu un remblaiement d'un mètre au-dessus de la cote zéro et que le terrain initialement était à 1 mètre au-dessus de la cote zéro , la zone habitable devait être  surélevée d'au moins deux mètres...et non 30 centimètres comme cela fut fait.

Le permis de construire a été délivré en 15 jours ! Puis, la conformité a suivi dès l'achèvement des travaux le 20 février 2009.

Le Président ALMY fait remarquer qu'il y avait sur le PPRI une cote de référence  à respecter dont  malheureusement le niveau n'était pas exprimé sur le document. Pourquoi ne pas s'être renseigné auprès de la DDE et de la Mairie ?...réponse : on l'a fait, aucun des deux ne nous a donné le renseignement ! 

Alors questionné plus à fond Monsieur MORISSEAU comme Madame BABIN, son fils  et Monsieur MARRATIER rentre dans le déni de réalité, pourrait-on dire. Sa défense consiste à dire...on a envoyé le permis de construire à la DDE qui l'a instruit et signé...on attendait des refus il n'y en a pas eu donc on a continué à déposer des permis sans tenir compte de la préconisation qui rendait impossible la construction de maisons de plain-pied, de l'interdiction de créer des espaces de vie de plain-pied sur certaines zones.

Le Président ALMY : la société de construction CDA dont Monsieur MASLIN était gérant a "fait preuve de légèreté, la société aurait-elle pu être plus curieuse ?...il y avait des moyens de trouver cette valeur de cette cote "

La réponse de Monsieur MORISSEAU tombe " il n'y avait pas de question à se poser"...le permis était accordé par la DDE.

Rappelons que la DDE instruit seulement le permis mais c'est le maire ou son adjointe qui, en le signant, endosse la responsabilité de la délivrance du permis de construire. Le Président a pris soin de rappeler cela. Comme il rappelle les devoirs du constructeur :"devoir de précaution... devoir de conseil... devoir de compétence..."

Dans le système de défense de Monsieur Marratier le maire , de Madame Babin son adjointe à l'urbanisme,  de Monsieur Babin, agent immobilier, Président du syndicat chargé de l'entretien de la digue et de sa surveillance,  ces trois obligations ne doivent pas être primordiales.

Monsieur MORISSEAU et sa famille ont habité au pied de la digue et il déclare comme d'autres témoins : "on ne s'est jamais senti en danger au pied de la digue."

Ce témoin volontaire ne fait qu'ajouter au trouble ressenti durant ces quatre premières semaines de procès. En effet, quand on tente d'analyser les erreurs, les incompétences, les appétits de certains on ne peut que ressentir un malaise qui doit ronger les familles des victimes.

C'est vrai Monsieur MORISSEAU ne nous a rien appris malgré le fait que, par son métier, il aurait pu avoir plus de culture du risque et qu'il  devait certainement en savoir plus qu'il n'en a dit. Ayant bien connu la famille BOUNACEUR, ayant "bâti " cette maison funeste et n'étant pas un prévenu (donc n'encourant aucun risque pénal )  ne pouvait-il libérer sa conscience en aidant les magistrats et les familles des victimes à démonter la mécanique qui, à la Faute-Sur-Mer, a permis de construire dans des zones mortifères?

Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire (Jaurés)...qui aura du courage du côté des prévenus la semaine prochaine ?
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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 20:34
Un palais des Congrès aux Sables d'Olonne, l'espace d'un automne, devient Palais de Justice

Un palais des Congrès aux Sables d'Olonne, l'espace d'un automne, devient Palais de Justice

SI MONSIEUR BABIN  AVAIT ASSUME SES RESPONSABILITES...

 

 

Après les interrogatoires décevants de Monsieur MARRATIER et de Madame BABIN, vient à la barre cet après-midi du 9 octobre 2014,  le fils de Madame BABIN. Nous n'apprécions pas le mode de défense de ces prévenus: c'est trop facile de dire que ce sont les autres qui sont seuls responsables de toutes les négligences (euphémisme)  relevées qui n'ont pu qu'aggraver l'ampleur du drame de cette nuit du 27 au 28 février 2010.

 

Monsieur  Philippe BABIN  a été Président du Syndicat (ASA) des Marais de la Faute-Sur-Mer. C'est ce syndicat qui était propriétaire de la digue et qui était chargé de son entretien. Monsieur BABIN était aussi propriétaire de terrains à la Faute-Sur-Mer, agent immobilier promoteur de lotissements dont "les voiliers " situés dans la fameuse cuvette de la mort au pied de la digue.

Le Président ALMY rappelle les griefs qui lui valent de comparaître devant ce tribunal.

En tant que Président de l'ASA des Marais de la Faute-sur-Mer il a failli dans sa mission de surveillance de la digue et par là il a mis en danger la vie d'autrui.

 

Un salarié du Syndicat, le "maître de digue" Monsieur FOUCAUD, devait veiller au bon fonctionnement de la digue et donc en assurer la surveillance. Cette surveillance comprenait un aspect "alerte" depuis 2005 où la digue a été classée comme intéressant la "sécurité civile".

Sous ce vocable un peu barbare se cache une réalité concrète : celle du risque majeur identifié d'inondation par débordement, submersion ou rupture.

Cela entraîne de facto la mise en oeuvre de préconisations qui visent à prévenir les risques et à protéger les populations.

Monsieur BABIN assumait donc la responsabilité de la mise en oeuvre de ces préconisations avec, sur le terrain, un suivi et un contrôle permanent du maître de digue.

Il est donc surprenant d'apprendre que, contrairement à ses obligations, et cela, au vu et au su de tout un chacun à la Faute-Sur-Mer,  Monsieur FOUCAUD "avait érigé en principe de ne pas être présent  sur la digue la nuit".

Ceci surprend aussi puisque Monsieur FOUCAUD affirme dans sa déposition  qu'il assure la surveillance à chaque marée supérieure au coefficient 90. Et la nuit alors en cas en fortes marées, tempête...?

Mais, il est aussi surprenant d'apprendre que Monsieur BABIN n'a pas vérifié si Monsieur FOUCAUD effectuait correctement les missions qui lui étaient confiées et ce, pendant des années.

Comme il est stupéfiant d'apprendre que c'est seulement en mai 2011 que Monsieur BABIN a découvert que Monsieur FOUCAUD son "maître de digue" n'était pas sur place à son poste sur la digue  dans la nuit du 27 au 28 février2010.

Passons sur le fait que Monsieur BABIN mette en doute les dires de son préposé Monsieur FOUCAUD."J'ai lu la déposition de Monsieur FOUCAUD, elle est particulièrement incohérente"..."même si sa mission ne lui a pas été signifiée par écrit" Monsieur BABIN lui avait parlé des consignes... En visant Monsieur FOUCAUD il dit : "Les lacunes sont de son côté".

Monsieur BABIN reconnaîtra cependant qu'il a agi avec légéreté pour ce qui concerne les consignes à donner à son préposé.

Cela n'empêche pas Monsieur BABIN de  charger son collaborateur en l'absence de celui-ci comme l'ont fait précédemment Monsieur MARRATIER et Madame BABIN avec la DDE.

Un mode de défense déplaisant, voire petit, peut-être dicté par leurs avocats mais dont les prévenus ne sortent pas grandis.

Un autre moyen de défense De Monsieur BABIN consiste à dire que "notre mission était de s'occuper de l'entretien de la digue et non de la sécurité" et d'ajouter "l'ASA n'avait pas pour mission de prévoir l'imprévisible !". Réflexion inutile qui ne sera pas du goût du public et des victimes mais qui en dit beaucoup sur la suffisance du personnage qui s'est quand même permis d'interrompre le Président (une première dans ce procès...Monsieur BABIN s'excusera, chose qu'il ne fera pas lors de ses réactions désobligeantes à l'encontre de la défense des victimes).

 

CETTE SITUATION INTERROGE LES MAGISTRATS ET LES AVOCATS DES PARTIES CIVILES

 

Le Président ALMY se focalise sur le dispositif d'alerte qui aurait dû être mis en place suite au "classement" de la digue en 2005. 

L'étude liée à ce classement préconise, en cas de risque, que deux hommes doivent assurer la veille dotés de gilets de sauvetage et de Talkie Walkie.

Cela fait presque rire Monsieur BABIN : pourquoi 2 veilleurs et avec des Talkie Walkie ?

Monsieur FOUCAUD n'a jamais eu de gilet de sauvetage !

Le Président et le magistrat assesseur sont obligés de lui expliquer que cette procédure d'abord est une protection pour l'homme qui est sur la digue et qui peut être victime d'un accident. Mais ils ajoutent que cette  préconisation de l'étude suppose qu'il y ait  un troisième homme qui peut recevoir les appels et déclencher l'alerte. Et ce troisième ce pourrait être Monsieur BABIN.

Que ce type de dispositif n'ait pas pu être imaginé par Monsieur BABIN étonne.

Et pourtant les préconisations vont loin puisqu'elles prévoient "un dispositif d'évacuation des gens..."Pour Monsieur BABIN, c'est chose impossible !

Et le Président pousse son raisonnement jusqu'à cela fasse mal...si ce dispositif avait été mis en place combien de victimes auraient évité le pire ?

Les avocats des parties iviles ont enfoncé le clou en s'étonnant du manque de réactivité de Monsier BABIN depuis 2 heures du matin ? Il pouvait alerter ses voisins par le klaxon de sa voiture, les réveiller...

Pour Monsieur BABIN ces réactions auraient été inutiles, inefficaces.

A-t-il eu cette attitude suite à un appel à un proche qui était pompier et qui lui a répondu " l'eau entre dans la caserne, reste chez toi."

Plus dure sera la question simple adrssée à Monsieur BABIN : avant de lancer le lotissement des Voiliers (dans la cuvette dite de la mort) au pied de la digue, ne fallait-il pas d'abord réaliser les ouvrages de confortement, de rehaussement de la digue ?

Les besoins et projets du promoteur sont passés avant les nécessités de la sécurité des populations...il en était ainsi pour certains à la Faute-sur-Mer où la culture du risque était occultée, tabou?

Malheureusement, c'était le même homme qui était promoteur des "voiliers"et Président du syndicat chargé de la digue qui n'a pas protégé les habitants de ce lotissement.

Humainement, Monsieur BABIN a fait le plus mauvais choix en créant le lotissement les voiliers avant de protéger le site. Son choix a  été dramatiquement.sanctionné par XYNTHIA.

 

 

 

 

 

 

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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 20:31
PROCES XYNTHIA : L'adjointe au maire de la Faute-sur-Mer Madame BABIN n'a-t-elle pas mélangé ses responsabilités d'élue avec ses responsabilités professionnelles ?

UN APRES-MIDI REVELATEUR

 

Cet après-midi du 8 octobre 2014, le Tribunal Correctionnel des Sables d'Olonne entendait Madame Françoise BABIN qui cumulait les fonctions de Première Adjointe au Maire de La Faute-sur-Mer, de Présidente de la commission urbanisme de la commune depuis 1995 et  d'Agent Immobilier. Elle est élue depuis 1989, année où René MARRATIER a été élu maire pour la première fois et nommée quatrième adjointe.

 

Madame BABIN débute son interrogatoire par une trés brève déclaration à l'adresse des familles des victimes "je comprends la douleur des familles".

Le Président ALMY rappelle les charges qui pèsent sur elle et particulièrement "celle d'avoir délivré des pemis de construire en zone inondable violant ainsi l'article R 511-2 du code de l'urbanisme " qui dit 

 "Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. "

Les magistrats ont du mal à comprendre la naîïeté de Madame BABIN qui délivre des permis de construire sans tenir compte des avertissements du Préfet, sans tenir compte des préconisations prévues à l'article 2 figurant sur les demandes de permis depuis la mise en place du Plan de Prévention des Risques d'Inondation PPRI.

En effet, suite à la tempête de 1999 le préfet a fait injonction à la ville de La Faute-sur-Mer de mettre en place (2001) ce PPRI. A défaut, le Préfet a prescrit un PPRI "par anticipation" en 2007 présenté au maire et à son adjointe par les services de la DDE en fin 2006.

Madame BABIN ne pouvait donc ignorer les prescriptions que ce document présentait.

Parmi ces obligations il y avait celle de respecter pour toute construction les hauteurs des parties habitables...il n'était quasiment plus possible sur des zones de construire de plain-pied

Le problème était simple : s'il y avait submersion par les eaux il fallait mettre à l'abri la population...c'est-à-dire mettre les lieux de vie à environ 4 mètres de hauteur : remblayer, mettre au premier niveau garages...et au premier étage les lieux de vie.

La défense de Madame BABIN est simple : cette protection qui consiste à "surélever" les lieux de vie, elle ne l'avait pas comprise.

Le Président ALMY fait remarquer à Madame BABIN qu'elle pouvait à tout moment téléphoner aux services de la DDE pour avoir toutes explications. Ce manque de curiosité est troublant.

Elle envoyait les permis à l'instruction à la DDE quasiment à réception du dossier par le pétitionnaire. Ils lui revenaient avec avis favorable presque toujours, elle signait "les yeux fermés" a dit le Président ALMY.

Le procureur Gilbert LAFAYE a tenté d'expliquer à Madame BABIN qu'un service de l'Etat instructeur ne donne qu'un avis et que c'est le Maire ou son ou sa déléguée  qui signe le permis et endosse la responsabilité.

Et on retourne au dialogue de sourds de la veille bien orchestré avec celui de Monsieur René MARRATIER : la même partition qui sonne faux. Nous... on ne sait pas, le personnel de la DEE, lui, est diplômé. On a encore entendu le mot "intelligent"...L'intelligence est du côté des personnels de la DDE, les élus en sont dépourvus donc ils font confiance à ceux qui savent.

Madame BABIN pourtant même si elle dit le contraire n'est pas dépourvue d'intelligence. Et, elle en  fait la démonstration en refusant de répondre aux questions, parfois fort gênantes pour elle, des avocats des parties civiles. Par exemple, elle ne se souvient plus d'une enquête publique de 2002 ! Quand il y a une procédure de ce type le responsable ne peut l'oublier !

Aujourd'hui, les familles des victimes par leurs murmures non contenus ont manifesté leur désappointement. Cette fois, le Président n'a pas fait de rappel à l'ordre.

A ce propos de" rappel à l'ordre" signalons le jeu de la défense qui coupe la parole aux avocats des parties civiles. Le Président habitué certainement à ce jeu entre avocats laisse faire mais pour les familles c'est dur !

 

LES GARDE-FOUS ONT SAUTE

 

Pour que la commission urbanisme de la commune de La Faute-sur-Mer fonctionne bien il aurait fallu qu'ils aient les dossiers de permis de construire, les bonnes informations. Un dialogue constructif aurait ainsi permis  d'avoir des situations claires par rapport aux exigences légales qui n'étaient en fait que des consignes pour sauvegarder la population.

Mais voilà la commission est décrite par des membres mêmes de la dite commission comme une chambre d'enregistrement...Madame BABIN a même avoué qu'il n'y avait pas de compte-rendu ou PV de ces réunions. A quoi servait donc la commission?

Nous le redisons, c'est là où pêche la démocratie locale. Des élus qui tenteraient de poser des questions seraient vite éliminés ou pire ils seraient victimes  de mesures de représailles de la part du Maire : c'est cela la vérité du vécu de la démocratie dans certaines communes;

Donc, le Maire et ses proches ont les mains libres...il n'y a plus de garde fou, plus de contre-pouvoir.

 

LA SITUATION EST RENDUE PLUS COMPLEXE A CAUSE DE LA POSITION AMBIGUE DE MADAME BABIN

 

En effet, sa position d'agent immobilier avec son fils, de propriétaire de terrains dédiés à des lotissements privés ou communaux fait que Madame BABIN instruit des dossiers et les présente en commission d'urbanisme.

Le Tribunal Administratif a d'ailleurs annulé une délibération du Conseil Municipal où Madame BABIN "intéressée au dossier" a assisté et avait en plus un pouvoir. Cette procédure vaudra à son auteur d'être traitée en "pestiférée". Quant à Madame BABIN elle ne savait soi-disant pas qu'elle devait sortir de la salle du conseil. Le maire devait savoir cela, à défaut, le secrétaire de mairie ne pouvait ignorer cette obligation prévue au Code Général des Collectivités Territoriales.

 Et Madame BABIN précise qu'elle n'a pas recommencé...sauf que c'est toujours elle qui instruisait les dossiers qui portaient sur des permis de construire déposés pour elle ou des membres de sa famille. C''est au minimum un conflit d'intérêts au pire une prise illégale d'intérêts. Cette hypothèse n'a pas été retenue par le juge d'instruction !

 

C'est certain qu'il y a là une brèche dans la défense de Madame BABIN. Les avocats des parties civiles et le Procureur ont commencé à s'y engouffrer. 

Les régles qu'imposait le Préfet comme le PPRI rendaient inconstructibles certaines zones dans lesquelles  des terrains appartenaient à la famille BABIN.

Annoncer qu'il y a des contraintes fortes pour construire  parce qu'il y a risque d'inondation n'est pas vendable !

L'avocate des parties civiles fait ses calculs que Madame BABIN refuse de faire . Elle cite les lotissements concernés et les 260 terrains aménagés vendus par ces promotions immobilières de Madame BABIN et de sa famille.

C'est certain si la loi avait été respectée il n'y aurait pas eu une telle densification urbaine : 3000 maisons construites depuis 1980 !

S'il y avait eu un début de culture du risque il n'y aurait pas eu de constructions dans la "cuvette".

Mais la vraie question est : si la loi avait été respectée, si la démocratie locale avait bien fonctionné dans la municipalité de La Faute-sur-Mer, aujourd'hui y aurait-il eu un drame aussi terrible que celui survenu dans la nuit du 27 au 28 février 2010 et un procès aux Sables d'Olonne ?

Peut-on croire sincèrement Madame BABIN quand elle dit " j'ai toujours essayé de séparer ma qualité de propriétaire et mes missions à la mairie." Elle n'a pas convaincu les magistrats et encore moins les familles des victimes. Le problème est posé une deuxième fois dans ce procés : peut-on être agent Immoblier, promoteur dans une petite commune et être Président de la commission Urbanisme ?

Le Procureur mat en doute la "neutralité " de Madame BABIN et il a cette sentence presque ambigue " L'urbanisme, cela vous intéresse mais peut-être vous avez des intérêts"

C'est vrai, les prévenus Monsieur MARRATIER et Madame BABIN ne pouvaient mesurer l'étendue de ce drame qui n'a pu se réaliser que par un concours de circonstances : la tempête certes, mais aussi  le manque de mesures de protection, les défauts des moyens d'alerte de la population...

 

 

 

 

 

 

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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 09:21
PROCES XYNTHIA : suite de l'interrogatoire de René MARRATIER, Maire de La Faute-sur-Mer

 

UN CONSEIL MUNICIPAL INEXISTANT ? LA DEMOCRATIE LOCALE MISE EN CAUSE.

 

Aprés avoir décortiqué le pourquoi et le comment du défaut d'information constaté par le Tribunal pour ce qui concerne les risques majeurs encourus par la population fautaise, le Président ALMY puis les parties civiles se sont interrogées et ont interrogé le Maire de La FAUTE-SUR-MER sur le fonctionnement du Conseil Municipal, une énigme.

Ce qui frappe dans les dossiers ce sont les dépositions de 7 élus dont des adjoints et membres de la commission urbanisme.

Pourquoi tous ont-ils dit unanimement qu'ils ignoraient tout du Plan de Prévention des Risques d'Inondation, du plan de sauvegarde, des mises en garde du Préfet...?

Le Président pose à Monsieur MARRATIER  la question étrange : "Qu'avez-vous fait de votre conseil municipal ? Les élus n'ont jamais entendu parler du PPRI ni de la cote de référence. ces gens vous suivaient depuis plusiers mandats ...Ces gens qui ont participé aux délibérations du conseil Municipal ne gardent aucun souvenir du risque...Le Président repose la question : "Comment se fait-il que personne ne se souvienne?"

Monsieur MARRATIER se dit "surpris de cette position des élus."Cette réponse n'éclaire pas le débat?

Le Président  ALMY veut savoir, il s'acharne " Au conseil municipal il n'y a pas eu de débat de fond sur la notion de risque ? Personne n'a posé de question ...sur le zonage, la cote de référence et sur les mesures à envisager".

Ils sont pourtant 7 élus conseillers municipaux à témoigner d'une même voix.  Pour le commun des mortels, c'est incroyable. On pourrait se poser la questions : le conseil municipal se réunissait-il ? Les élus à la commission d'urbanisme assitaient-ils à des réunions ? Les magistrats se posent la question...mais pour qui connaît bien le fonctionnement de nombre de conseils municipaux ce n'est pas une découverte. Dans une commune tout se décide très souvent entre le maire et un ou deux adjoints dévoués, nombre d'élus acceptent la fonction de "potiche".

En effet, soit ils entérinent toutes les propositions du maire, soit ils osent s'opposer, proposer...avec un maire autocrate ils sont alors sur un siège éjectable ! C'est cela aussi la démocratie locale !...et c'est pour cela que nous avons parlé de maires devenus roitelets au-dessus des lois comme nous l'avons entendu au cours de ce procès. Monsieur MARRATIER n'avait cure des injonctions du Préfet.

Et l'on voit où cela mène.

Comme l'écrit ce jour le journal Sud Ouest : "L’incompétence des services de l’État, conjuguée aux appétits des élus locaux, a abouti à la catastrophe de La Faute-sur-Mer. Il faut tirer toutes les leçons de la catastrophe pour que cela ne se reproduise plus "

 

LA DEFENSE DE MONSIEUR MARRATIER

Combien de fois a-t-on entendu comme seules réponses de Monsieur MARRATIER :

"je ne me rappelle plus", "je ne me souviens plus"

" je faisais confiance aux services de l'Etat..."je n'avais pas les compétences...la DDE avait tous les éléments..."

"j'étais maire d'une petite commune rurale  qui manque de moyens" . Maître Corinne LEPAGE avocate des parties civiles, chiffres du budget de La Faute-sur-Mer à l'appui, demontre en réponse que La Faute-sur-Mer n'est pas une petite commune sans moyens.

Monsieur MARRATIER adopte un profil bas, très bas allant jusqu'à dire qu'il n'avait été  qu'un petit maire, pas intelligent ! Sur ce dernier qualificatif, les avocats des parties civiles émettent de nombreux doutes : maire depuis 25 ans, maire actif pour le développement impressionnant de sa commune, chef d'entreprise ayant eu 25 salariés...Monsieur MARRATIER avait des brins d'intelligence qu'il a su faire fructifier;

Pour un observateur attentif sa défense atteste de cet esprit malin, rusé...même devant l'évidence des "erreurs" qu'il a commises dans l'exercice de ses fonctions, il trouve l'esquive même s'il ne peut convaincre magistrats et avocats.

On peut imaginer le sort qui fut réservé à ses concitoyens qui ont osé se dresser peu ou prou contre lui ne serait-ce que sur la culture du risque et sur le risque à La FAUTE-sur MER.

Une certitude cette méthode de défense ne grandira pas l'homme ; mais c'est une autre histoire. Laissons à la défense ses droits.

Mais, par moments, en cette journée, cela a pesé lourdement sur les familles des victimes.

 

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6 octobre 2014 1 06 /10 /octobre /2014 20:37
René MARRATIER maire de la Faute sur Mer de  1989 à 2014

René MARRATIER maire de la Faute sur Mer de 1989 à 2014

INTERROGATOIRE DECEVANT D'UN MAIRE INSAISISSABLE

 

Ce lundi 6 octobre 2014 au Tribunal des Sables d'Olonne débute la quatrième semaine du procès de ce qui est appelé improprement le procès XYNTHIA.

C'est en réalité le procès des présumés coupables de présumées négligences dans l'exercice de leurs fonctions. Ces négligences auraient aggravé  les conséquences atroces du déchaînement des éléments sur le site de La-Faute-sur-Mer : 29 morts durant cette nuit du 27 au 28 février 2010.

La salle d'audience était pleine pour écouter le principal prévenu, le maire de La Faute-sur-Mer, René MARRATIER. Le prévenu a 62 ans, c'est un ancien chef d'entreprise de 25 salariés. Il a été maire de La Faute-sur-Mer de 1989 à mars 2014 où il a été encore candidat et battu.

 

 

LE DEVOIR D'INFORMATION DE LA POPULATION D'UN MAIRE EN CAS DE RISQUES NATURELS MAJEURS

 

L'objet essentiel du débat de ce jour porte sur le devoir d'information à la charge d'un maire que le Président ALMY qualifie d'obligation liée à la fonction.

Ce devoir d'information découle de l'article 125-2 du Code de l'Environnement.;

 Les citoyens ont un droit à l'information sur les risques majeurs auxquels ils sont soumis dans certaines zones du territoire et sur les mesures de sauvegarde qui les concernent. Ce droit s'applique aux risques technologiques et aux risques naturels prévisibles. Dans les communes sur le territoire desquelles a été prescrit ou approuvé un plan de prévention des risques naturels prévisibles, le maire informe la population au moins une fois tous les deux ans, par des réunions publiques communales ou tout autre moyen approprié, sur les caractéristiques du ou des risques naturels connus dans la commune, les mesures de prévention et de sauvegarde possibles, les dispositions du plan, les modalités d'alerte, l'organisation des secours, les mesures prises par la commune pour gérer le risque, ainsi que sur les garanties prévues à l'article L. 125-1 du code des assurances. Cette information est délivrée avec l'assistance des services de l'Etat compétents, à partir des éléments portés à la connaissance du maire par le représentant de l'Etat dans le département.

 

Monsieur MARRATIER a-t-il privé ses concitoyens d'un droit fondamental pour leur sécurité ?

 

Pour bâtir son argumentation juridique le Président ALMY cite pas moins de 40 actes ou documents administratifs qui, depuis 1997 jusqu'à 2009, rappellent à Monsieur MARRATIER qu'il devait informer la population de La FAUTE-sur-Mer du risque majeur que constituait le risque d'inondation maritime et fluviale, le risque de  submersion, le risque de rupture des digues :

"La Faute sur Mer n'est pas une commune comme les autres en matière de risques"

"Vous n'avez pas pris au sérieux le risque qui était relayé par la Préfecture. L'information sur le risque est quelque chose d'important à votre niveau"

"La DDE n'a pas assez insisté sur les risques et sur votre rôle. Estimez-vous que l'Etat n'a pas été assez présent, qu'il y a eu défaut d'information vis-à-vis de vous ?"

Monsieur MARRATIER  a cette réponse : "Oui, il y a eu un gros déficit par rapport à l'information" . Il n'arrive pas à être convaincant surtout quand est citée l'avalanche de courriers de la Préfecture sur ce thème et les obligations qui en découlent.

Le Président conclut par cette interrogation : " Qu'est-ce que l'Etat devait faire de plus pour vous sensibiliser à ce risque naturel majeur? "

Monsieur MARRATIER : "apporter son aide"...encore une réponse qui ne réussit pas à convaincre.

Pourquoi pas de plan de sauvegarde, pas de Plan de Prévention des Risques d'Inondation PPRI demandé par la Préfecture depuis 2001 ?

Le Procureur reviendra sur  ce thème du PPRI "vous avez tout fait pour qu'il échoue, pour ne pas vous rendre débiteur d'obligations légales"..."vous avez tout fait pour nier le risque ...de ne pas le révéler aux habitants qui voulaient s'installer dans la commune...le risque existe et il est un épouvantail dont vous aviez connaissance, un épouvantail à électeurs".

Nous reviendrons sur d'autres points saillants de cet interrogatoire qui a duré plus de 5 heures : un conseil municipal défaillant, les moyens de défense de Monsieur MARRATIER...encore une dure journée pour les familles des victimes face au manque de courage de leur maire qui a fui ses responsabilités par ses réponses décevantes.

 

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4 octobre 2014 6 04 /10 /octobre /2014 21:52
PROCES XYNTHIA aux Sables d'Olonne : quelques nouvelles des dernières audiences

Cette troisième semaine de procès s'achève.

 

On a appris le décès d'un des prévenus Patrick MASLIN qui était gérant de sociétés de construction et poursuivi à ce titre ainsi que deux de ses sociétés poursuivies comme personnes morales. Monsieur Patrick MASLIN était âgé de 64 ans et était apparu trés fatigué lors du début du procès et, à ce titre, il était exempté d'assistance aux audiences.

Retenons de ces dernières audiences la déclaration de l'ancien préfet de la VENDEE Monsieur Thierry LATASTE qui n'était plus en poste depuis quelques jours quand est survenue XYNTHIA :

"Le comportement de déni du maire de la Faute-sur-Mer était tout à fait caractérisé. C'est ce que j'ai rencontré de plus difficile à faire bouger dans toute ma carrière" .

Il n'a pas pu faire plier le maire de La faute sur Mer pour qu'il mette en place un Plan de Prévention des Risques d'Inondation et qui n'a pas pu imposer à ses services la DDE particulièrement d'assumer leurs responsabilités . On peut admettre la décentralisation mais donner tout le pouvoir aux maires sans garantir aux citoyens un contre-pouvoir est une erreur dont les citoyens pâtissent tous les jours...l'Etat a laissé s'établir des roitelets dangereux pour tout : la sécurité, l'économie locale, l'égalité des citoyens face à la loi...

Nous ne dirons rien sur la prestation du témoin le sénateur Alain ANZIANI rapporteur d'une mission sénatoriale dirigée par le Président du Conseil Général de la VENDEE Bruno RETAILLEAU 

Alain ANZIANI  n'apporte aucune information qui mérite qu'on s'y arrêtât ; irritant vis à vis des familles des victimes, il n'a rien apporté  à la défense des prévenus et nous pensons même qu'il a desservi leur cause.

Il faut d'ailleurs se demander à quoi va servir son rapport ?

Changeons de registre avec le témoignage du colonel des pompiers Philippe CHABOT.  Cet homme de terrain et de coeur a vu durant sa carrière le pire lors des interventions sur des accidents et le meilleur : des sauvetages. Pour lui, la nuit du 27 au 28 février 2010 restera son cauchemar. On peut le comprendre pour ceux dont la vocation est de sauver d'être dépassés, impuissants durant les premières heures de la catastrophe qu'il suivait minute par minute depuis l'appel d'une jeune volontaire vers 3h15 du matin. L'émotion l'a emportée lors de son témoignage. On sent la pression qui continue à peser sur cet homme.

 

Un témoin membre de la DDE, Stéphane MONTFORT, après des explications confuses pour le public non averti en matière de délivrance des permis de construire à la FAUTE-sur MER est poussé dans ses retranchements par le magistrat assesseur qui précise concernant la réglementation : 

"Ce qu’on essaie de vous faire comprendre, c’est que le texte tel qu’il est rédigé, il n’est pas applicable pour des maisons de plain-pied. J’ai l’impression que vous découvrez aujourd’hui cette obligation de construire à 4m90 NGF. Je me trompe ?"

C'est la confusion...on parle "administratif" alors qu'il s'agit d'un risque majeur pour les populations .

Le Président ALMY enfonce le clou " Ce n’est pas simplement une question de comprendre le dysfonctionnement. Il faut que vous touchiez du doigt que ça a eu un impact très important, notamment sur le lotissement Les Voiliers. C’est vrai que c’est quand même surprenant ce manque de clairvoyance, de curiosité. Pas que de votre part d’ailleurs, hier on a posé la même question." Rappelons que le lotissement des Voiliers est le site qui fut le plus "touché".

Désormais l'audience se transforme en procès du fonctionnement des services de la DDE avec cette phrase terrible  de la défense  : "Si on vous charge d’instruire ces permis, c’est parce qu’il n’y a pas la compétence technique dans ces communes ". En clair, la responsabilité ...s'il y en a une ...est transférée de la commune à la DDE et cela signifie que les prévenus dont le maire et son adjointe ne sont plus les responsables des défaillances qui ont peut-être coûté la vie à nombre de personnes.

Et à la défense d'enfoncer le clou "Cette déposition est particulièrement importante et lourde de conséquences. Je suis en effet, comme le Tribunal, absolument bouleversé de voir cette espèce de néant de l’administration sur qui tout reposait" et tout cela sur des faits datant de 2007...le résultat de ces défaillances est malheureusement apparu en 2010 !

 

On ne peut passer sous silence le témoignage d'un autre cadre de la DDE Monsieur Stéphane RAISON. Nous attendions ce témoignage car nous avions été destinataire d'un exemplaire de son intervention aux Xèmes Journées Nationales Génie Côtier – Génie Civil, 14-16 octobre 2008, Sophia Antipolis...oui 2008 et un lecteur attentif aurait vite assimiler le danger annoncé et écrit qui fait dire à Monsieur RAISON "La rupture des digues sur ce secteur engendrerait des dégâts majeurs aux biens et aux personnes en regard de la carte des aléas....La vulnérabilité du littoral vendéen aux submersions marines ne fait aucun doute. A partir de l’année 2000, les services de l’Etat travaillent à l’élaboration d’un atlas des zones de submersion marine. Sur la base d’un aléa de référence fixé à 4 m NGF, les zones submersibles sont calculées et cartographiées"

Le Président sonde le témoin sur la notion de risque et la réponse est nette :

"Non. Je travaille dans le domaine des risques depuis suffisamment longtemps. J’ai démarré ma carrière en 1995 dans le département de l’Ain sur les définitions du risque. La doctrine est très claire, le risque ne se négocie pas. Pour moi, un aléa ne se négocie pas."

Alors pourquoi la DDE et le Préfet n'ont-ils pas imposé les mesures préventives, le Plan de Prévention des Risques d'Inondation et le ¨Plan de sauvegarde ? Il y a bien dans nos structures après la décentralisation un déséquilibre dans les rapports maire et préfet.  A la FAUTE-sur-MER on a vu à quoi cela peut hélas aboutir .

 

 

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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 21:13
XYNTHIA : les magistrats tissent leur toile

L'INONDATION : UN RISQUE CONNU PAR LES ELUS, LES SERVICES PREFECTORAUX ET DES MESURES QUI NE FURENT JAMAIS PRISES

 

C'est pas à pas que les magistrats du Tribunal Correctionnel tentent de démonter la pratique administrative particulièrement dans les services de la Direction Départementale de l'Equipement de la VENDEE DDE des années 2000 à 2010 et ses rapports avec la commune de LA FAUTE SUR MER.

Il transparaît depuis le début des débats une hypothèse de travail qui ne peut être écartée : si les fonctionnaires de la DDE avaient pu exercer pleinement leurs compétences auraient-ils pu imposer aux élus de la FAUTE SUR MER des mesures qui auraient pu diminuer l'ampleur de la catastrophe ?

Rappelons que l'objet de ce procès est de déterminer les responsabilités...s'il y en a juridiquement parlant ...responsabilité du maire, de ses adjoints, du responsable de l'entretien de la digue, des fonctionnaires depuis le Préfet jusqu'aux responsables de la DDE. Ce qu'il faut retenir c'est que cette recherche de responsabilités peut déboucher sur une condamnation pour homicide involontaire suite

- soit à une ou des fautes caractérisées constituées par le fait de causer, par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de prudence ou de sécurité imposée par la loi ou le règlement, la mort d’autrui.

- soit à une faute délibérée, en cas de violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de prudence ou de sécurité imposée par la loi ou le règlement.

Ce mercredi 1er octobre 2014 ce sera donc le défilé des cadres de la DDE de VENDEE qui seront appelés à la barre non comme inculpés mais comme témoins. Ont-ils commis des fautes aussi graves ? Certes NON puisqu'ils ne sont pas inculpés.

Par contre leurs erreurs, négligences n'ont-elles pas eu des  conséquences graves dont celles qui permettront aux prévenus, dont le maire, de se défendre en disant si la DDE avait fait son travail, nous avait mieux informés... on aurait agi autrement.

 

On retiendra que, dès 1999, dans une étude du cabinet SOGREAH, il est clairement fait état du risque d'inondation, submersion, débordement...

Ce que le tribunal veut savoir ce sont les tenant et aboutissant d'une réunion DDE/ élus de LA FAUTE SUR MER du 11 mars 2003...on est loin du 27 février 2010 . Tous les éléments du risque d'inondation sont exposés par la DDE aux élus pour préparer les mesures légales qui découleront du Plan de Prévention des Risques d'Inondation PPRI et du Plan Communal de Sauvegarde qui en découle.

Avec en plus un "détail " important : comment le zonage sur les cartes a-t-il  viré du rouge au bleu. Rouge c'est l'inconstructibilité et bleu, c'est la constructibilité sur la zone concernée ! C'est la DDE qui établit les cartes...donc c'est elle qui les a modifiées aprés 2002 exposant les populations aux risques.

Et la question qui est venue et revenue : messieurs les responsables de la DDE avez-vous subi des pressions pour changer la couleur du zonage rouge en bleu  ?

Et là la réponse des agents de la DDE est invariable

" Il faut tenir compte des besoins de la commune...des besoins de développement de la commune..."

Il faut d'ailleurs noter :

- que ces discussions portent sur des zones qui sont déjà en partie construites !

- que lorsque la DDE organise la résistance en refusant les permis de lotir ou construire, le maire attaque devant le Tribunal Administratif les décisions de la DDE et celle-ci perd au motif "que le risque de submersion n'étant pas avéré ..." La DDE avait tous les arguments contre ce considérant des jugements du Tribunal Administratif...on ne dit d'ailleurs pas si ces jugements ont fait l'objet d'appel de la part des Préfets.

Alors, est-ce qu'il y a a eu marchandage, négociation...entre le maire et la DDE...je fais passer les zones rouge en bleu mais vous prenez les mesures de sauvegarde qui s'imposent : un PPRI, un plan communal de sauvegarde, l'entretien de la digue, 50 mètres inconstructibles...

On n'ose pas y croire  : accepter le risque de mettre en péril la vie des populations pour construire en zone inondable.

Le "pinaillage" sur les mots négociation, marchandage...sur les défaillances de la DDE, son manque de  personnel...finit par exaspérer le Procureur qui à "des questions clalres veut des réponses clalres". On  en arrive à l'incident d'audience où le Procureur prend la défense à partie et aprés un vif échange conclut, sarcastique :" je ne négocie pas avec votre réponse !".

Pour l'observateur le niveau technique de la discussion n'est pas de mise. Certes pour déterminer le degré de responsabilité des prévenus il faut expliquer les données techniques. Mais, ce jour, le débat n'est pas à la hauteur du drame. Il a manqué par exemple  aux représentants de la DDE les phrases du coeur à adresser aux familles des victimes, aux 120 parties civiles.

La question est simple : le maire et ses adjoints ne pouvaient donc ignorer le risque d'inondation, la DDE ne pouvait ignorer ce risque, la population n'a pas été informée sur le risque...alors pourquoi ne pas avoir dés 2003 engager des mesures de protection des populations et d'information de celles-ci ?

 

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24 septembre 2014 3 24 /09 /septembre /2014 11:08
Madame TABARY avec les avocats des parties civiles : un sourire qui cache une force de caractère hors du commun

Madame TABARY avec les avocats des parties civiles : un sourire qui cache une force de caractère hors du commun

Ce mardi après-midi 23 septembre 2014 s'achève sur le témoignage de Madame Elisabeth TABARY, infirmière cadre de 68 ans, à qui XYNTHIA a pris son mari et son petit -ils.

 

Nous n'aurons malheureusement pas  les mots vraiment justes pour exprimer ce que Madame Elisabeth TABARY a pu dire à la barre.

Ce samedi 27 février 2010, Madame TABARY et son époux étaient  tout à la joie d'avoir à garder leur petit fils Raphaël  2 ans et demi une semaine "on était tellement contents de garder le petit pendant 8 jours"

Leur maison comporte deux parties dont une externe où les parents de Raphaël  vont dormir tandis que les grands parents vont garder avec eux au rez-de -chaussée leur petit fils pour l'habituer.

Madame TABARY est réveillée à 3 heures 15 par un bruit de téléphone el les fameux glouglous que nombre de témoins ont entendu . Puis, elle voit l'eau pénétrer sous les fenêtres, porte-fenêtre...

Son mari lui dit alors "c'est la digue qui est pété, on va mourir". Elle va immédiatement chercher Raphaël puis prépare les récipients de réserves d'oxygène dont son mari a besoin.

Elle appelle au secours espérant, en vain, être entendus par les parents de Raphaël. Le vent fera qu'ils n'entendront pas ces appels.

Dès qu'elle ouvre la porte de la cuisine l'eau s'engouffre.

Son mari ne peut se hisser sur les meubles. Il manque d'oxygène "je pars" dit-il.

"On a pu se dire au-revoir "

Elle reste accrochée à la porte, montée sur la poignée de la porte : "si je descendais, je noyais le petit qui grelottait"... "J'ai continué à appeler au secours", "j'ai parlé avec les voisins".

"Raphaël était violet, j'étais infirmière,  j'ai compris, c'était terminé je me suis jetée à l'eau ...après je ne me rappelle plus rien" ...je me suis réveillée à l'hôpital"..."je ne pouvais plus vivre, ma vie s'est arrêtée ce jour-là".

Quel courage pour témoigner ainsi.

En réponse au président ,elle ajoutera " si j'avais été avertie, Raphaël n'aurai jamais dormi au rez-de-chaussée avec nous".

 

LA MAIRIE DE LA FAUTE SUR MER : des erreurs aussi incroyables qu'incompréhensibles

La salle pour une fois a enfreint la règle en réagissant par un murmure réprobateur à la narration du passage en mairie de Madame TABARY qui venait, comme on le lui avait recommandé, demander un subside d'urgence. L'employée de mairie lui demande pourquoi elle n'était pas venue plus tôt " j'étais à l'hôpital" lui répond Madame TABARY. La réponse est aussi surprenante que choquante " vous n'aviez qu'à pas être à l'hôpital!" . Le public croît ne pas avoir compris !

Madame TABARY a eu un second motif de retourner à la mairie. On lui avait dit que son dossier médical avait été retrouvé et qu'il avait été déposé en mairie . Elle s'y rend et s'entend dire qu'il n'y a pas de dossier !

6 mois plus tard on l'appelle pour lui dire que son dossier médical est à sa disposition à la mairie. En effet, elle récupère son dossier médical, celui de son mari, celui de son beau-frère et celui de son beau-père...tous ces secrets sont donc restés 6 mois en mairie "j'ai l'impression d'avoir été violée"

En réponse à la question "en voulez-vous à Monsieur MARRATIER, Monsieur JACOBSOONE, Madame BABIN"   elle conclura en disant "j'en veux à ceux qui n'ont pas fait leur travail"..."je les rends responsables de la mort de mon petit fils" ..."Je ne peux pardonner la douleur de mes enfants"

 

Ce procès "hors norme", comme la presse le nomme, réserve l'expression des détresses trés fortes, des caractères différents, des solidarités. Pourra-t-il guérir ces coeurs brisés par cette nuit violente ?

 

 

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