Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Recherche

23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 21:29

EVACUATION DE LA SALLE D'AUDIENCE

 

L'audience de ce jour 23 septembre se poursuivait dans le silence respectueux habituel quand, vers 16 heures, la salle sombre dans l'obscurité, les alarmes se déclenchent, les portes s'ouvrent et la salle en ordre se vide.

Une alerte, mot qui résonne mal aux oreilles de tous, n'est due qu'à un problème d'alimentation en électricité.

Une fois le courant rétabli, les systèmes de sonorisation remis  en route tant bien que mal, l'audience  reprend son cours.

A l'arrière du Palais des Congrès un groupe d'évacués est rassemblé

A l'arrière du Palais des Congrès un groupe d'évacués est rassemblé

Devant le palais des Congrés "les atlantes" le principal prévenu Monsieur MARRATIER, deux autres prévenus Madame BABIN et son fils (de dos), des avocats ...attendent la reprise de l'aidience

Devant le palais des Congrés "les atlantes" le principal prévenu Monsieur MARRATIER, deux autres prévenus Madame BABIN et son fils (de dos), des avocats ...attendent la reprise de l'aidience

Partager cet article
Repost0
23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 09:41
XYNTHIA : le procès entre dans sa deuxième semaine l'horreur de cette nuit du 27 au 28 février 2010 est toujours aussi présente

Cette deuxième semaine du procès débute par l'audition de trois membres de la famille BERLEMONT : le père Thierry est instituteur en maternelle, bien implanté dans la ville de La Faute-sur Mer. Sa maison est située à 100 mètres de la digue.

Comme d'autres témoins il a d'abord cru à une fuite d'eau !

Il a été piégé dans sa maison lui, son épouse Chantal et ses deux filles.

Lui aussi, comme les autres témoins, a été surpris par la violence du flot quand il a voulu atteindre son garage dont  il a ouvert les portes malheureusement,"l'eau entrait comme un torrent".

C'est un trait commun de tous les témoignages et c'est justement ce qu'on a du mal à imaginer : la force du flot, sa violence, sa traîtrise.

Thierry a alors compris la gravité de la situation. Il a d'abord eu beaucoup de difficultés pour rejoindre avec son épouse leurs deux filles réfugiées sur la mezzanine et organiser leur fuite de la maison.

La décision fut prise de rejoindre le toit qu'ils pouvaient atteindre en grimpant sur un muret ...l'eau est montée, "montée  jusqu'à la deuxième tuile". Le témoin estime la hauteur d'eau atteinte à 2,80 mètres ! Si la famille était restée dans la maison, il n'y aurait pas eu de survivant.

Thierry a pu enlever des tuiles du toit pour accéder avec les siens dans les combles plus à l'abri. "On criait au secours, on ne voyait plus les maisons mais que les tuiles...on a tout perdu mais on était en vie".

Au lever du jour « les cris avaient été remplacés par le silence. À ce moment-là, nous avons compris que des gens étaient morts».

Avec les témoignages de cette famille on comprend mieux les traumatismes que cette nuit a laissés : sa femme Chantal dira aprés une forte dépression qu'elle va mieux "deux ans et demi pour me remettre" mais ajoutera "il reste du travail à faire".

Leur fille Charlotte qui a maintenant 21 ans a très mal subi cette épreuve et cela s'est fortement ressenti durant son témoignage.

 

Un vrai sentiment de sécurité alors que le danger était bien identifié et réel

On a aussi bien saisi avec ces témoignages le sentiment de sécurité : "on ne pensait pas à un péril...je n'ai jamais pensé à un danger" ..."protégés par la digue". Son père lui avait pourtant dit "c'est une bêtise d'acheter là" . "Je n'ai pas compris ce qu'il m'a dit, on avait une digue, des pompes, un remblai". Mais Thierry ajoute "pas une journée où je me sens coupable ".

"on ne comprend pas ...je ne comprends pas, on nous a caché délibérément le risque d'inondation"...

et pourtant Thierry a participé à " L'écho Fautais" donneur d'alerte où justement Madame ANIL, responsable de la publication en parlait.(voir son témoignage ).

 

Nous aurons peut-être à revenir sur un fait qui peut paraître anodin mais qui attiré l'attention des avocats de la partie civile et de la défense.

Thierry a voulu faire un agrandissement de sa maison en réhaussant . on s'explique mal qui lui a refusé sa demande :  la DDE de Mareuil, la mairie, un architecte consulté ?

 

Sur la digue aussi Madame BERLEMONT avait bien vu qu'il se passait quelque chose depuis longtemps : elle voyait depuis sa cuisine lors de son installation dans sa maison seulement le haut des mats des bateaux dans le port...en 2010, elle voyait jusqu'aux coques des bateaux.

Madame BERLEMONT, lectrice de l'Echo Fautais, dit "pour moi, LA FAUTE n'était pas inondable".

Le danger découlant de l'état de la digue et de sa hauteur était aussi réel qu'occulté ! ".

Par qui ? Pourquoi ?...attendons la suite du procés pour avoir des éléments de réponse.

 

Mais comment faire passer l'information ? La défense pose des jalons : elle s'étonne que, par exemple, Monsieur BERLEMONT n'ait rien vu sur l'enquête publique précédant les travaux sur la digue.

 

Partager cet article
Repost0
20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 22:31
XYNTHIA : des témoignages et des témoins nécessaires qui méritent notre respect.

Pour comprendre retenons quelques témoignages des parties civiles à la barre.

 

 

Les époux LE ROY eux ne sont pas "fautais". Lui, fait, modestement, sobrement le récit du sauvetage d'un voisin blessé. C'est naturel "anodin".

Les époux LE ROY  seront sauvés par des marins pêcheurs.

 

Cela permet de rappeler les conditions qui régnaient sur la Faute-sur- MER cette nuit du 27 au 28 févriier 2010 et qu'on ne pouvait imaginer :

 - la nuit, plus d'électricité...

- une eau glacée,

- le vent avec des rafales qui ont dépassé les 120 km heure,

- la violence de ce flot dévastateur porteur de tout ce qu'il arrache sur son passage, qui blesse tous ceux qui commettent l'erreur de sortir de chez eux...mais comment faire autrement quand on se sent piégés dans une maison de plain-pied où l'eau entre avec une violence inouîe aprés avoir fait éclater les baies, sauté les portes, arraché les cloisons...?

- les cris d'appel au secours de voisins,

- des secours sans moyens aux abonnés absents jusqu'au lever du jour.

 

DES MIRACLES, DES SAUVETAGES

 

La famille Fourgereau, le père Gérard, sa femme Michèle, leur fille Sandra sont venus témoigner...des rescapés. Le père raconte comment ils ont fui leur maison en sautant  dans l'eau glacée.

Le père et son gendre ont porté les deux petits enfants. Accrochés les uns aux autres, la mère blessée et sa fille, ils ont tenté pour fuir de lutter contre  le courant et leur sortie n'a pas été plus loin que la maison de leur voisin qui leur a ouvert la porte. Ils étaient déjà épuisés. Les deux familles, 10 personnes, ont ainsi attendu les secours : le père, Gérard, victime de l'eau froide flotte dans la pièce inconscient. Les enfants sur un divan sont au-dessus de l'eau. La mère les tient éveillés. Unis, le père de ces voisins et le père des enfants  Fourgereau ont réussi à ouvrir la porte de la chambre des deux filles et à les sauver.

Aujourd'hui, Madame Michèle Fourgereau, qui transférée le dimanche à l'Hôpital de Luçon puis à celui de la Roche sur Yon subira deux interventions ( fractures de l'épaule) ne peut que répéter que c'est "un miracle" de se retrouver tous les 6 ! D'autres n'auront pas cette chance dit-elle. " Si on avait été prévenus cela aurait tout changé"...c'est tout le problème de l'alerte, problème qui sera bientôt au coeur des débats.

 

COMPASSION ?

 

Son récit et celui de sa fille Sandra furent très, très durs à entendre et nous ne pouvons que regretter que des journalistes de la presse nationale osent accuser le tribunal de tomber dans un excès de compassion. Il y a environ 150 parties civiles : peu, très peu ont accepté de témoigner à la barre. Il faut donc laisser à ceux et celles qui ont ce courage le droit de s'exprimer en leur nom mais ils le font indirectement aussi au nom de tous ceux qui ne peuvent plus revivre leur cauchemar en public. Ceux-là ne viendront pas témoigner.

Le témoin Christian VASSELIN a bien expliqué cela : il est venu représenter sa fille, le compagnon de celle-ci et ses deux enfants. Sa fille n'a pas eu la force de venir elle-même.

 

Nous trouvons indécents cette position journalistique teintée de juridisme approximatif et nous espérons qu'ils n'ont pas rajouté de l'incompréhension (le mot est faible) au traumatisme de toutes les victimes. 

 

On ne peut passer sous silence les témoignages des époux FERCHAUD. Lui, habitant de la Faute est l'ancien maire d'une petite commune rurale de Vendée MOUZEUIL. Il dit son étonnement concernant le" laxisme au niveau de l'urbanisme" ;.."on est élu pour faire le boulot" . Le fameux Plan de Prévention des Risques d'Inondation PPRI obligatoire pour la Faute se heurte à la mauvaise volonté du maire."J'aurai tout fait pour le faire valider" dit-il.

Son épouse Colette décrit sa nuit d'angoisse. quand la baie a explosé "l'eau a tourbillonné". Son mari lui intime l'ordre de rejoindre leur bateau normalement sur cale qui se déplaçait dans le jardin. Ce fut leur refuge "au sec" "on a fait des pompes pour se réchauffer". Ils attendront ainsi jusqu'à l'arrivée des secours.

Ils font partie des gens qui ne comprenaient pas que sur les terrains au pied de la digue on ait construit : "c'était des terres où il y avait plein d'eau, on a mis des maisons ...(durant la construction) on pompait pour enlever l'eau des terrains, c'est pas possible ".

Colette FERCHAUD adresse ses remerciements à l'AVIF (l'association d'aide aux victimes des inondations de la Faute-sur-Mer et de ses environs).: "ce sont eux qui nous ont pris en charge, aidés, pour les reconstructions ils étaient encore là".

 

Les témoignages se sont poursuivis ce vendredi.

Le docteur BOUNACEUR a sauvé sa fille qu'il a pu tirer sur le toit de leur maison. Mais il a perdu sa femme, sa mère et deux enfants.

 

Monsieur Rémy PLAIRE a perdu sa compagne. Lui, l'ancien militaire qui avait vécu des moments durs est vaincu par XYNTHIA. Il a vu sa compagne partir.

Ces deux témoins portent en eux toute l'horreur de cette nuit.et d'autres viendront seront appelés à la barre au début de la semaine prochaine.

 

Tous ces témoignages sont nécessaires aux victimes d'abord, au public qui sait maintenant ce que signifie "la cuvette de la mort" de la Faute-sur-Mer.

On imagine mal comment les magistrats depuis le début de l'instruction jusqu'à ce jour peuvent être marqués et quelle sera leur sérénité.

 

 

 

Partager cet article
Repost0
20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 22:07
XYNTHIA : la prise illégale d'intérêts s'est invitée dans les débats

On eût préféré que cela se passât en dehors du temps imparti aux parties civiles et à leurs récits de cette nuit de cauchemar du 27 au 28 février 2010 où ils ont perdu un ou plusieurs des leurs ou pour les plus chanceux qui ont été des miraculés.

 

Mais, il y a quelque chose de très gênant dans ce procès : d'un côté, il y a, surtout pour la FAUTE-sur-MER, des tragédies humaines, des drames qui rongent des familles entières et de l'autre, des fautes humaines en cascade, banales mais qui n'ont certainement pas  été sans incidence sur les drames humains. Ce long procès permettra-t-il de mettre en évidence le lien de cause à effet qui peut exister entre ces fautes et la gravité des conséquences de XYNTHIA à La Faute-Sur-Mer?

 

C'est pour mettre en évdence cette problématique que nous avons mis  à part le témoignage de Madame Evelyne DEREGNAUCOURT, agent immobilier à la ROCHE SUR YON .

Un nouveau lotissement devait se faire près de sa résidence à la Faute-sur- Mer.

L'autorisation de lotir doit être donnée par le conseil municipal.

Comme Madame DEREGNAUCOURT avait appris que l'autorisation de lotir concernait un terrain appartenant à Madame BABIN, adjointe au maire chargée de à l'urbanisme, elle a fait une procédure devant le Tribunal Administratif pour faire annuler les délibérations municipales. En effet,  Madame BABIN était présente dans la salle du Conseil Municipal lors de la délibération sur le permis de lotir, affaire dans laquelle elle avait des intérêts personnels puisqu'elle était propriétaire du terrain. La loi prohibe cela et le condamne.

Il est certain que cette procédure que Madame DEREGNAUCOURT a engagée et gagnée l'a exposée à la vindicte de ceux qui se sont sentis visés. "on m'a considérée comme une pestiférée"

En réalité, on est dans un cas classique de prise illégale d'intérêts que la loi (code pénal)  définit ainsi :

 « Le fait pour une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public ou par une personne investie d’un mandat électif public, de prendre, recevoir et conserver, directement ou indirectement, un intérêt quelconque dans une entreprise ou une opération dont elle a, au moment de l’acte, en tout ou partie, la charge de la surveillance, de l’administration, de la liquidation ou du paiement ».

 

Un magistrat assesseur du  Président ALMY a cherché à en savoir plus en s'adressant à la professionnelle qu'est Madame DEREGNAUCOURT pour savoir si Madame BABIN pouvait avoir tiré de sa fonction d'adjointe chargée de l'urbanisme un bénéfice personnel pour elle et ses proches et lequel ?

Pour Madame DEREGNAUCOURT,  c'est une évidence et c'est par un long silence qu'elle répond. Pour la motivation de Madame BABIN elle laisse échapper "le fric".

Monsieur et Madame DEREGNAUCOURT ont quitté la Faute-sur-Mer qui fut leur lieu de résidence secondaire pendant plus de 20 ans. Ils ont perdu leur maison, se sont éloignés de leurs amis  mais ils ont aussi perdu autre chose : l'espoir d'une retraite heureuse à La Faute sur Mer.

Quant au magistrat instructeur,  il n'a pas retenu le chef d'inculpation de prise illégale d'intérêts à l'encontre de Madame BABIN. On peut se demander pourquoi ? Cela a au moins permis à la défense de Madame BABIN de dire que celle-ci a obtenu un non-lieu sur ce chef d'inculpation ce qui n'est pas le cas du maire Monsieur MARRATIER condamné, dans une autre affaire, en 2012.

Il n'est pas dit qu'on ne revienne pas sur ce sujet dans la suite des débats car il faudra bien que les prévenus s'expliquent sur leur mode de gestion de la commune que d'autres et nombreux  témoins ont déjà mis en cause.

Partager cet article
Repost0
18 septembre 2014 4 18 /09 /septembre /2014 21:11
XYNTHIA : les témoins victimes racontent le cauchemar de cette nuit du 27 au 28 février 2010

LES TEMOINS QUI ONT BOULVERSE LE PUBLIC

 

 

Ils ne pourront jamais oublier.

Depuis hier témoins qui sont des victimes de XYNTHIA défilent à la barre : ce sont les auditions des parties civiles qui rappellent ce qu'ils ont vécu en cette nuit de tempête et d'inondation.

 

Avec un langage simple, leur langage ,et le langage de leur coeur et de leurs peurs qui  demeureront gravées à toujours  en leur for intérieur.

 

Désormais on comprend mieux la violence qu'ils ont subie. Nous n'arriverons pas à la décrire par nos mots. Toutes ces scènes se passent au milieu de la nuit, dans l'obscurité, l'eau est glaciale, elle fait sauter les portes, éclater les baies, charrie tout ce qu'elle ramasse...

La marin professionnel André ROSSIGNOL de stature imposante, endurci par un métier qui côtoie le risque chaque jour et chaque nuit craquera, comme les autres témoins, durant son audition. Il avait senti que le "temps était bizarre" mais il part quand même à la pêche pour la marée de cette nuit. A 2 heures il a vu le courant de flot passer de 2 à 3 ou 4 noeuds. Il décide de rentrer à 2h15 "rentrer, c'était un combat". Le parking du quai était déjà inondé. Arrivé chez lui il organise la famille, récupère ses enfants, joint les services de secours "une caserne de pompiers qui n'était pas opérationnelle, la caserne inondée avec tout le matériel à l'intérieur ". Mais il a pris soin d'avoir fait construire une maison avec un étage et un accés sur le toit..Et la famille se réunit au premier étage en attendant les secours qui arriveront vers 6 heures.

Le Président ALMY lui demande si c'était une mesure de sécurité . Il était "natif", marin il avait la culture du risque et comme patron pêcheur la culture de la responsabilité vis-à-vis de ses hommes. La tempête de 1940 il en a beaucoup entendu parler. Oui, cet étage c'était bien une mesure de sécurité.

Monsieur ROSSIGNOL tient à rappeler à l'adresse de son maire que  " Comme patron pêcheur vous êtes responsable de vos hommes, je considère qu'il se devait d'être responsable et faire tout ce qu'il fallait pour éviter ce qui est arrivé"

Comme les autres témoins sans haine mais fermement André ROSSIGNOL tient à raconter ce qu'il a fait en fin du premier Conseil Municipal qui a suivi XYNTHIA. Il a interpellé son maire René MARRATIER qu'il connaît bien "il y a quelque chose qui manque , tu viens d'oublier quelque chose, la minute de silence

"il m'a répondu" : "j'ai été aussi sinistré"

Depuis le début de ce procès ce fut dans la salle le premier mouvement d'indignation manifesté par le public.

 

Chaque témoin livre les images fortes, trop fortes parfois de ce qu'ils ont vécu. Nous verrons celles d'une famille où le miracle a cotoyé le drame..

 

Audience aprés audience le Président ALMY plante le décor de ce drame. On ne peut rester à l'extérieur du décor.

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 10:32
La salle d'audience dans le Palais des Congrés des Sables d'olonne

La salle d'audience dans le Palais des Congrés des Sables d'olonne

Une salle pleine, l'autre salle accueillait presse et autres publics : silence et retenues ont été de rigueur

Une salle pleine, l'autre salle accueillait presse et autres publics : silence et retenues ont été de rigueur

Le Palais des Congrés des Atlantes aux Sables d'Olonne accueille le procès le plus "important" de l'année 2014.

 

Rappelons une situation paradoxale. Ce procès se déroule dans la circnscription judiciaire du Tribunal de Grande Instance des Sables d'Olonne. rien d'extraordinaire sauf que cet été il n'était question au Palais de Justice des Sables d'Olonne que de la supression de ce Tribunal ou plus exactement de sa transformation en "tribunal annexe" : magistrats, personnel de justice, avocats...n'ont cessé de manifester pour le maintien du tribunal et ont obtenu gain de cause. Si le projet du Garde des Sceaux avait abouti imaginons ce procès sans son Tribunal !  

 

Il incombe donc au Président  du Tribunal de Grande Instance  Monsieur Pascal ALMY dont on connaît la rigueur professionnelle  et au Procureur de diriger les audiences de ces 5 semaines de procès.

Cet aprés-midi fut celle de la curiosité : plus de 100 journalistes...un Palais des congrés plein...nous attendrons donc le retour au calme pour entendre les témoignages, pour tenter de comprendre le pourquoi de cette catastrophe évitable ou pas.

 

UNE TRES LONGUE APRES-MIDI STUDIEUSE

 

Le Président Pascal ALMY a décidé de faire oeuvre pédagogique pour cadrer sur le plan juridique : ici on juge, on ne refait pas l'histoire.

 

Mais avant cela il fait le rappel des charges qui selon l'instruction pèsent sur chacun des personnes mises en cause que sont :

 

- René MARATIER, maire de la Faute sur Mer, voit peser sur lui de lourdes charges pour les nombreuses  "négligences" commises dans l'exercice de ses fonctions qui auraient conduit à la mise en danger de mort de ses concitoyens. Moment d'émotion quand le Président énumère les noms des 29 habitants qui ont péri à La Faute sur Mer durant cette nuit du 27 au 28 février 2010.

- Françoise  BABIN, adjointe au maire chargée de l'urbanisme  qui a donné en location une maison construite en site inondable, n'a pas respecté les contraintes imposées par le permis de construire. C'est dans cette maison que quatre membres de la famille BONACEUR ont péri. Elle aurait aussi commis des fautes caractérisées en signant des permis de construire dissimulant la dangerosité des sites. Elle a loué une maison construite en toute illégalité à la famille ROUSSEAU qui a vu deux des siens périr au cours de cette nuit.

- Philippe BABIN, fils de la précédente, agent immobilier mais aussi responsable de l'Association chargée de l'entretien des digues. Ses négligences concernant l'entretien et la surveillance de la digue seraient selon l'acte d'accusation une des  causes du décès des 29 personnes.

- Patrice MASLIN, conseiller municipal, aussi membre de la commission urbanisme en tant que constructeur et gérant de deux sociétés  est accusé d'avoir commis une faute délibérée dans la construction de la maison de la famille BONACEUR qu'il a ainsi exposée à un "risque de mort ".

 

- Alain JACOBSOONE, ancien directeur départemental des territoires et de la mer (ex DEE) est poursuivi pour son manque de réaction appropriée pour donner l'alerte le samedi 27 dans l'après-midi. tous les éléments étaient réunis pour informer maires puis population du danger.

 

 

Aprés un débat un peu surréaliste et long autour de la compétence du tribunal surtout concernant Alain JACOBSONNE, le Président ALMY avec son assesseur se lancent dans une oeuvre pédagogique nécessaire pour éclairer tous les présents et particulièrement les familles des victimes et autres parties civiles.

 

Cela permet, d'une part, de  cadrer le débat sur le plan juridique : on est en matière pénale, le code de procédure pénale fixe  donc les règles qui s'imposent à toutes les parties au procéè.

 

Cela permet aussi au Président ALMY d'informer tout le public sur les circonstances qui entourent le drame : négligences techniques, humaines, répétées comme l'acharnement du maire de la Faute sur Mer et de son adjointe de ne pas rédiger le plan de prévention des risques d'inondation PPRI et le Plan Communal de Sauvegarde cela depuis 2002.

Ainsi le Président attire l'attention sur ces préjugés manquements.

La question sera au cours de ce procès : si toutes les obligations légales avaient été respectées la catastrophe aurait-elle été évitée ?

On a entendu des choses terribles concernant le défaut de communication Préfecture, Protection Civile, Commune...Monsieur René MARATIER était aux abonnés absents concernant l'alerte rouge ! Les pompiers de la Faute sur Mer dont le garage était inondé ne pouvaient répondre à tous les appels et n'ont eu une idée de l'étendue du désastre que le dimanche 28 après-midi...

 

Nous reverrons tout cela dans le détail durant les deux semaines qui viennent. nous serons dans le concret d'un drame humain. Ce soir les accusés et particulièrement le maire de la Faute sur Mer et son adjointe ont été bousculés.

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0