LA JUSTICE
CITOYEN ET JUSTICE
suite de :
https://www.olonnes.com/2025/09/citoyen-et-service-public.html
L’IMPARTIALITÉ DE LA JUSTICE ET SES DÉRIVES
Nous ne pouvons plus affirmer que les français aiment et respectent leur justice.
Au contraire, le fossé qui sépare l’institution Justice et le citoyen justiciable se creuse.
Les professionnels de la Justice un peu anciens ne reconnaissent plus eux-mêmes « leur » justice.
Pourtant, depuis des décennies tout fut fait pour que la Justice soit rendue de manière impartiale et reconnue comme telle. Mais en vain !
En effet, la Justice est l’instrument indispensable pour la protection du citoyen, du pauvre et de l’orphelin et des libertés individuelles.
L’impartialité du juge est la « base » de fonctionnement de l’Institution qui, petit à petit, s’estompe et le citoyen prend conscience de cette situation qui va en se dégradant. Il ne croit plus en la Justice de son pays. Il ne lui fait plus confiance.
Et quand un peuple ne croit plus en sa justice, dans une démocratie, le pire est à craindre dont l’instauration de la loi du plus fort alors que les citoyens sont dits égaux devant la loi !
Tout se conjugue en 2025 pour qu’il en soit ainsi et l’analyse des procès qui ont marqué l’affaire d’OUTREAU dans les années 2 000 aboutissent au constat d’une défaillance collective et structurelle et que les réformes qui en ont découlé n’ont pas été efficaces. La commission d’enquête parlementaire sur ce dossier faillite de notre Justice en 2006 avait pourtant mis en évidence d’énormes défaillances que la Cour d'assises de la Cour de Cassation avait aussi relevées :
- Pouvoir excessif du juge d’instruction
- Abus de la procédure de prison préventive,
- Manque de contre-pouvoirs face à l’enquête menée à charge par le petit juge BURGAUD et confortée par les décisions de la Cour de Cassation chambre criminelle...ainsi des innocents ont fait 3 ans de prison, un inculpé s’est suicidé, un autre est décédé dans des conditions non élucidées,
- Crédulité envers les témoignages d’enfants sans confrontations
- Pressions médiatiques influençant la procédure.
Bilan : 13 prévenus sur les 17 accusés ont été innocentés dont certains ont été en prison pendant 3 années !
20 ans après, toutes les leçons n’ont pas encore été tirées de cette faillite notamment en matière d’Instruction et le Juge BURGAUD a poursuivi sa carrière au sein à la Cour de Cassation ! Le corporatisme continue à faire beaucoup de mal à la Justice.
L’INDÉPENDANCE DE LA JUSTICE N’EXISTE PAS
C’est un fait et comme l’a exprimé Lionel JOSPIN « Ce n'est jamais la Justice qui rend la justice, ce sont des juges, c'est-à-dire des hommes et des femmes susceptibles, comme tout autre, de commettre des erreurs. »
C’est pour cela que des précautions extrêmes comme le principe de l’indépendance des juges et de la collégialité des magistrats dans les juridictions, le droit d’appel, la présomption d’innocence, le secret de l’instruction...ont été prises pour éviter les errements et tenter de corriger les défaillances humaines et les pulsions malsaines des politiques qui font et défont la loi protectrice du magistrat et du justiciable quand elles les gênent dans leurs ambitions et désidératas.
Mais les ennemis de l’indépendance des juges occupent de plus en plus de place et agissent : par exemple ,sur le mode de désignation et de promotion des magistrats qui est devenu politisé et syndicalisé surtout pour les postes sensibles comme la récente (2014) « juridiction spéciale » dite PNF « Parquet National Financier », les postes au niveau de la Chancellerie...
L’indépendance du juge était une garantie pour le justiciable et maintenant il est signe de faiblesse et la magistrature est devenue pour de trop nombreuses raisons qui sont des alibis comme indépendance qui rime avec irresponsabilité, comme le secret de l’instruction protecteur du justiciable qui est devenu caduc pour nombre de magistrats du Parquet sans que les manquements à l’observation de cette règle puissent être sanctionnés.
La Justice spectacle remplace trop souvent la sérénité de la Justice.
C’est ainsi que la défiance du citoyen pour sa justice est devenue un lieu commun et est justifiée. Mais le drame c’est que ce sujet important n’est pas à l’ordre du jour du législateur et que le Service Public de la Justice continue à s’enfoncer dans une décadence inadmissible.
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