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22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 18:43

 

 

chambre des députés

 

 

ELUS, TOUS POURRIS : un slogan qui devient une théorie et qui mène  à l’impasse

Morale et politique était un sujet du baccalauréat philo 2013

Chez les « anciens »Politique et Morale sont  liées de deux façons :

  1. La politique permettrait de faire régner un ordre social conforme aux principes de la morale.
  2. Le politicien lui-même dans son action, devrait se conformer à ces principes.

Et aujourd’hui, qu’en est-il ?

Les media et les nouveaux moyens de communication ont été ravageurs quand ils ont entrepris de s’attaquer aux hommes publics, aux politiques qui ont franchi la ligne jaune à certaines occasions : abus de pouvoir, prises illégales d’intérêt, favoritisme, dérapages verbaux…l’éthique de ces élus ne mérite que mépris et sanctions par application de la loi.

Malheureusement il n’en faut pas plus pour transformer nos politiciens en cibles favorites et incruster l’idée qui se veut même théorie : «élus, tous pourris »

Dans notre méditation estivale nous voudrions revenir sur ce thème :

1) Éviter une simplification qui serait caricaturale et malhonnête:

a)D’abord pour rappeler que, parmi les 620.000 élus (la France championne du monde du nombre d’élus par habitant) que compte la Franc, ce ne sont pas les quelques égarés qui doivent cacher l’immense majorité de citoyens élus qui font honneur à leur mandat par leur travail, leur dévouement, leur désintéressement.

b) Jusqu’à maintenant on n’a pas inventé un autre mode de gouvernance meilleur que celui qui consiste, par le suffrage universel, de choisir les représentants du peuple qui seront délégués pour la gestion de leur commune, leur région, leur pays…c’est la démocratie.

2) ELU : situation de tous les dangers

L’élu est un funambule qui n’a pas appris un « métier » qu’il découvre brutalement et il est contraint de faire de l’équilibre sur une corde raide presque sans harnais de sécurité.

Sur le plan de l’action : l’élu est en position inconfortable :

            Il est pris entre la paralysie, l’immobilisme par peur de l’erreur, de déplaire, d’imposer le changement donc de déranger

            Et la théorie « je suis élu, donc je sais » qui conduit à l’autoritarisme, au pouvoir personnel sans limites et aux erreurs aux conséquences graves dans des choix, des projets engageant lourdement la collectivité

 

Sur le plan personnel :

            Victime de sollicitations permanentes, il est tenté par son souhait de ne pas déplaire à ses proches donc de céder aux demandes de passe-droit,

            Pressé par ses électeurs et ses "soutiens", il risque sans cesse les délits de favoritisme, prise illégales d’intérêts, conflits d’intérêts, abus de pouvoirs…

L’élu est un citoyen ordinaire à qui, brutalement, est attribuée une fonction qu’il découvre quand il s’assied dans son siège d’élu lors de sa prise de fonction. Il n’y a pas de thérapie préventive et pas de période d’essais.

3) Il faut éviter la chute de l’élu. Pour cela, les moyens ne manquent pas mais ils sont soit formels soit peu utilisés.

Il y a avant tout l’arsenal juridique : par exemple, pour les élus locaux, celui qui figure dans le Code Général des Collectivités Territoriales CGCT, le code pénal, les juridictions pénales et administratives, les procédures comme celles qui concernent les marchés publics, la gestion des fonds publics…mais cela n’empêche pas les déviations.

 

Limiter le cumul des mandats : dans le temps…il faut supprimer la possibilité de se faire réélire plus de 2, 3 fois consécutivement…et dans le nombre : pas de cumul des mandats de maire, président de communautés de communes, député…Pourquoi ? À partir du moment où un élu a pour objectif personnel sa réélection il n’a plus la liberté d’agir, de dire NON…la réélection c’est le grand danger du clientélisme, du favoritisme, de la combine  où les intérêts particuliers l’emportent sur l’intérêt général.

De plus, l’élu cumulard de mandats ne peut sérieusement assumer ses responsabilités.

Les structures administratives, le mille feuilles (État, Région, Département, Canton, Groupements de communes, cantons et les 36.000 communes.. ;) a multiplié les postes d’élus avec le droit de les cumuler ces. Il faut donc arrêter cette inflation de structures et limiter le cumul des mandats : ELU  ne doit pas être ni un métier à vie ni une source d’enrichissement personnel…si l’objectif devient, pour un élu, sa réélection, il tombera nécessairement au minimum dans le clientélisme au pire dans le favoritisme ; en corollaire, il faut donc aménager la « carrière » de l’élu dont sa sortie de la fonction.

  

Limiter le rôle de l’adoubementdes candidats par des organisations et particulièrement les partis. En effet, on en revient à un système médiéval : des organisations désignent les candidats. Or l’étymologie du terme ELU est « celui qui est choisi » et non celui qui est imposé par une structure. De plus, ce système élimine des personnalités de valeur qui ont un réel souci de l’intérêt général au profit d’homme d’appareils qui ont souvent le souci principal de leur carrière politique. Elle peut  passer alors souvent  avant celui de l’intérêt général.

Il est créé une oligarchie qui truste les postes et désigne « ses » candidats : ENA, partis, lobbys…ce n’est plus un système électif mais un système de cooptation type ancien régime rénové : une caste confisque le pouvoir à son profit.

  

La formation des élus : il ne s’agit pas de former une élite de technocrates qui sait tout et rapidement se coupe des réalités concrètes de la VIE de ses concitoyens. Il s’agit de responsabiliser les élus, de les « protéger » contre les déviations et les tentations qui créent le scandale et tuent la crédibilité en la démocratie. Il s’agit de les former à la modestie de celui qui sait encore écouter avant de décider.

    

A SUIVRE... 

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