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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 14:05

Non, il ne sera pas dit que Laetitia sera morte pour rien

 

 

 05798-copie-1.jpg 

voir lien: JUSTICE MALADE

 

1) D'abord les victimes ! Ce sont elles et leurs proches qu'il faut écouter, entendre et comprendre.

 

Or, encore une fois, on entend, on lit trop de propos et des comportements indécents qui oublient les victimes et leurs familles. Les magistrats n'ont peut-être pas les moyens adaptés à toutes leurs missions mais ces moyens ne comptent pas face aux détresses des victimes de délinquants de toutes sortes.

 

Cette fois, on a entendu une d'elle : le responsable de la famille  où était accueillie Laetitia.

 

La voix cassée, le père de la famille d'accueil de Laëtitia est venu dire aux magistrats qui manifestaient le 10 février 2011 : « J'ai toujours respecté la police, la gendarmerie, la magistrature... Mais vous vous servez du drame pour votre manifestation. » a rapporté Ouest France

 

Quelle leçon que même les mauvais élèves doivent retenir! ...espérons-nous ! 

 

2) l'appareil judiciaire : les moyens du Service Public de la Justice

 

 Oui, il manque de moyens...mais les moyens dont il dispose sont-ils bien utilisés ?

 

Posons quelques questions et faisons des constats :

 

- le Ministère de la Justice est épargné par les mesures parfois drastiques qui frappent les budgets de tous les ministères.

 

- Combien de magistrats sont détachés dans des fonctions qui laissent leur poste vacant ?

 

- Combien de magistrats freinent des quatre fers pour empêcher que les responsabilités "secondaires" soient confiées à des citoyens comme les juges de proximité : avez-vous entendu raisonner dans les prétoires lors de la rentrée solennelle des trinunaux en janvier  2003 les cris de révolte des magistrats professionnels  contre la loi d 'orientation et de programmation du 9 septembre 2002, qui instituait les juridictions  de proximité.

Aujourd'hui , leur rôle positif est indéniable et il soulage les juges professionnels

La médiation peut aussi être utilisée pour alléger les tâches incombant à certaines juridictions .

  

- Combien de greffiers suppléent les "absences" des magistrats ?

Les tâches sont lourdes, les audiences peuvent s'achever tard...après 18 heures...mais le statut de magistrat offre une compensation exceptionnelle :

 

- 25 jours de congés légaux

- 20 jours de RTT forfaitaires

-2 jours de congés supplémentaires en cas fractionement des congés,

- des congés parentaux, familiaux...avantageux par rapport au droit commun des salariés

 

- Les magistrats sont surchargés mais alors pourquoi certains syndicats demandent à ce que ce soient des magistrats professionnels qui remplaceraient les conseillers prud'homaux, les juges des tribunaux de commerce, les juges assesseurs des Tribunaux des affaires de Sécurité Sociale ?

On ne peut vouloir tout et son contraire avec le risque de perdre tote crédibilité. 

 

L'injustice serait que des moyens supplémentaires non justifiés soient donnés à notre JUSTICE aux frais des citoyens ...une vraie injustice en devenir !

 

 Tout cela doit être dit pour que les citoyens puissent juger des besoins réels du service Public de la Justice qu'ils financent avec leurs impôts et comme on le dit maintenant "en toute transparence".

 

Mais tout cela n'est qu'accessoire face aux drames vécus par les familles des victimes et ce qu'il faut chercher c'est le moyen de redonner au juge la dignité de sa fonction, l'envie de ne plus avoir un dossier passant dans les oubliettes, de réconcilier justice et nation et que la confiance en notre justice soit rétablie. 

 

Pourra-t-on se passer de se poser les questions suivantes  : peut-on être juge à vie  ? Y aura-t-il des juges élus et responsables à l'avenir ? Le milieu de la justice et des juges sera-t-il ouvert à des citoyens de bonne volonté ?

 

Maintenant, la France n'a pas les moyens de se contenter d'une réformette de sa JUSTICE car cela signifierait qui signifierait qu'OUTREAU n'a jamais existé et que Laetitia est morte pour rien.

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commentaires

serge billig 21/02/2011 16:54



Votre article a retenu toute mon attention mais il m'appartient, en ma qualité d'élu syndical (fonctionnaires de justice et greffiers) d'apporter ma contribution à vos propos.

Je ne me permettrais pas d'utiliser le drame de Laëtitia pour "polémiquer"

Je citerais en préambule deux chiffres publiés par l'Europe,

1) la France, avec la Finlande est le pays Européen qui consacre une part microscopique de son budget à la justice. La France est désormais au 37ème rang sur 43 pays au seing du Conseil de
l’Europe se situant après l’Arménie avec 0,19% de son produit intérieur brut
consacré à la justice.

2) le stock d'affaires à juger ne cesse d'augmenter, il faudrait à notre pays 286 jours pour résorber le retard pris à satisfaire le justiciable. Un retard qui ne se comble pas malheureusement
car il se termine moins d'affaires qu'il n'en débute. Le retard s'accroît donc et le nombre de dossiers en souffrance ne fait qu'augmenter.

ces deux informations sont à mettre en parallèle.

Ensuite la RGPP (remplacement d'un fonctionnaire sur deux) est bien mise en place dans la justice. Au niveau des TGI (tribunaux de grande instance) nous constatons que les postes vacants tournent
tous autour de 10%. Nouveau constat, les affaires augmentent, les personnels diminuent.

Pour être complet, et en rapport avec l'affaire Laëtitia,

La politique pénale de ce quinquennat a vu la naissance de deux lois :

la loi de 2007 prévoit sur les peines “plancher” (sévérité affichée et assumée)

et la loi de 2009 donne obligation la saisine du JAP (juge de l'application des peines) pour toutes peines égales ou inférieures à 2 ans d'emprisonnement.

Les conséquences sont énormes pour le service de l’exécution des peines car il est ainsi créé un pallier supplémentaire entre le prononcé de la condamnation et sa mise à exécution, celui de
l’incertitude, du changement de modalité d’exécution donnée par le Juge de l’Application des peines, au gré de la bonne ou mauvaise volonté du condamné.

Ainsi, le bon sens voudrait que soit adopté dans notre pays un plan d’urgence pour la Justice. Mais arrêtons d'opposer la justice aux citoyens, les citoyens aux fonctionnaires, les fonctionnaires
de justice aux magistrats, les magistrats aux politiques, enfin les politiques à la justice... pauvre France



CACO 24/02/2011 17:06



Désolé mais la réponse à votre commentaire qui honore le serviteur de la Justice que vous êtes  a dû s'égarer dans un méandre de notre ordinateur. Recommençons notre réponse.


Les Français sont de plus en plus exigeants pour ce que l'Etat DOIT leur donner mais de plus en plus corporatistes et individualistes (pour ne pas dire égoïstes) pour ce qu'ils
doivent donner à l'Etat.


Dans la pratique, on veut une justice armée jusqu'aux dents pour réprimer mais personne n'est d'accord pour payer.


Résultat : on augmente l'arsenal législatif répressif sans se donner les moyens de faire appliquer ces nouvelles lois....nous allons voir comment sera financée la réforme de la garde à vue !


Résultat : les magistrats professionnels et les fonctionnaires de la Justice doivent donner plus de leur personne. Il y a là une demande logique de l'Etat de demander à ses serviteurs de
participer à l'effort national mais cette demande doit être justement répartie c'est-à-dire gérée avec équité par le même Etat.


Est-il normal que le magistrat qui se "défonce " ne bénéficie d'aucune gratitude de la part de son employeur alors qu'il effectue la tâche de son collègue qui ne déploie pas le même zèle.


Ecrire cela c'est enfoncer des portes ouvertes mais il est nécessaire que cela soit dit et écrit.


Maintenant rattrapper le temps perdu que ce soit dans le domaine de la santé (pas asez de médecins entre autres), dans celui de l'enseignement, dans celui de la Justice... et en plus, en période
de crise... c'est impossible.


La première des choses à éviter des deux parts (ETAT employeur et Justice avec ses serviteurs ) c'est, par la voie des média, de laisser se creuser un fossé entre la Justice et les citoyens.
Nous connaissons tous de bons juges (dont on ne parle jamais) et d'autres qui, comme dans toute profession, sont moins bons (et de ceux-là, on entend parler).


La Justice, comme tout corps constitué qui a le poids d'une longue histoire) doit évoluer. Ses serviteurs doivent montrer leur capacité à évoluer. Ce n'est pas pour cela qu'ils doivent tout
accepter de leur patron 'L'ETAT' qui n'est peut-être par le meilleur employeur et le plus apte à dialoguer avec son personnel. Nous espérons que le dialogue ne se fasse pas dans la rue et dans
des conditions que les justiciables ne comprendraient pas.


Chacun doit prendre ses responsabilités : citoyens, magistrats, Etat sans commencer le dialogue en se jetant l'anathème à la figure et sans attenter au devoir de réserve qui doit
 honorer la Justice.


Enfin je voudrais ajouter que l'on a tendance à ne parler que des magistrats alors qu'au sein de la Justice oeuvrent tous les autres fonctionnaires (et contractuels) oeuvrent avec dévouement
pour pallier aux difficultés de leur Institution.


Tout cela est banal mais il faut le rapporter pour une réflexion plus profonde dans la sérénité et la ...JUSTICE.


 



foehn 15/02/2011 13:55



La justice française est en queue de peloton au niveau du budget européen pour son fonctionnement


je comprends le sens de votre article qui fustige les droits sociaux.les droits sociaux depuis Sarkosy et son bling bling sont devenus "inconvenants" qu'on se le dise !


puisque nous sommes en pleine suppression des services publics ( pas assez souples de la nuque et pas assez serviles !) il faut donc obliger ces personnels à travailler jours et nuits. ce
que font certains déjà ..!.les passer comme contractuels donc dépendants d'un pouvoir  faire comme chez ben ali et autre moubarak :  aux pieds !


évidemment un fonctionnement prioritaire avec des moyens mieux adaptés , faudrait faire des arbitrages comme on dit !


des moyens il y en a


mettons cartes sur tables sur les moyens dilapidés par nos élus au plus haut niveau pour leur déplacements , train de vie, avantages exorbitants, ....


prenons exemple sur la Norvège ou la Suède


et vous verrez que des moyens existent puisque l'argent des conribuables sera alors bien utilisé c-a-d ; pour les citoyens eux mêmes



nce 15/02/2011 23:13



La JUSTICE est un sujet trop grave pour l'aborder à la légère...ce qui est en jeu dans tous les tribunaux de France tous les jours, c'est la liberté d'un homme ou d'une femme, c'est le risque
d'erreur du magistrat...et l'erreur est humaine !


La détention provisoire est une condamnation qui n'est pas provisoire: elle est effective pour celui qui est condamné après une simple audition à passer par la case prison le jour même, elle est
effective pour ses proches...passer des mois en préventive sans voir un magistrat est condamnable et il faut le dire, le crier afin que les magistrats ne s'habituent pas à cette situation. De
même il faut dire que la non exécution des peines prononcées est aussi un scandale ne serait-ce que pour les victimes narguées par ces condamnés impunis.


Si nous martelons à longeur d'années le fait que nombre de nos élus sont coupés des réalités de la vie des français et oublient que l'argent qu'ils dépensent n'est pas le leur...nous donne le
droit de dire la même chose aux corps constitués gestionnaires de nos services publics qui doivent savoir se remettre en cause et s'investir en conséquence


Redisons-le : ce n'est pas que de moyens supplémentaires dont la JUSTICE a besoin ; elle a besoin aussi de repenser sa conception de l'exécution de sa mission.


On a parlé d'OUTREAU parce que c'était important dans ses conséquences humaines mais des petits OUTREAU il y en a par centaines...visitez les sites concernant justice et injustices...