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30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 21:19
Tous les métiers passent par l'apprentissage

Tous les métiers passent par l'apprentissage

QUI DÉTRUIT L'APPRENTISSAGE ET COMMENT?

 

LES GOUVERNEMENTS MASSACRENT PARFOIS L'EXISTANT QUI MARCHE : EXEMPLE L'APPRENTISSAGE.

UN MODÈLE D'INCOHÉRENCE

D'UN CÔTÉ,

LE GOUVERNEMENT ET LES CITOYENS SONT D'ACCORD POUR DIRE QUE L'APPRENTISSAGE CONDUIT Á L'EMPLOI ET RÉPARE UNE PART IMPORTANTE DES ÉCHECS SCOLAIRES

ET DE L'AUTRE,

LES GOUVERNEMENTS ÉDICTENT DES RÈGLES QUI TUENT L'APPRENTISSAGE !

 

Extrait de L'EXPRESS L'ENTREPRISE 18 12 2015

 

 

Le Président de la République avait un objectif : 500 000 contrats d'apprentissage en 2017

Il faut relancer l'apprentissage !

Vœux pieux, jusqu'à présent. Et pour cause.

 

Sur le terrain, beaucoup de dirigeants de TPE et PME ont jeté l'éponge.

 

Décryptage

Manuel Valls, dans l'annonce de son dernier plan de pour l'emploi et la formation, a une nouvelle fois évoqué l'importance de la relance de l'apprentissage.

Depuis deux quinquennats, il semble que cela soit une priorité politique, dans le discours tout au moins.

François Hollande s'est donné comme objectif 500.000 apprentis en 2017.

Mais atteindre cette ligne sera une gageure.

Aujourd'hui, le nombre d'apprentis avoisine plutôt les 400.000.

Et selon la Dares,(La Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques) en 2014, 265 000 nouveaux contrats d'apprentissage ont été comptabilisés dans le privé, soit une baisse de 3% par rapport à 2013.

Sachant que 2013 accusait déjà une baisse de 8% par rapport à 2012.

Les raisons de cette bérézina - à laquelle échappe le supérieur - sont multiples.

Mais celles qui touchent aux entreprises, pierre angulaire du système, tiennent au nombre de cinq.

1-La faute - un peu - à la conjoncture

"La morosité actuelle dans l'artisanat et le bâtiment est sans conteste un frein à l'embauche d'apprentis, assure Jean-Pierre Crouzet, président de l'UPA. Les entrepreneurs de ces secteurs mettent leur énergie à chercher des contrats et la formation de jeunes n'est pas leur priorité."

Imputer l'essentiel de la baisse d'embauche d'apprentis à la conjoncture serait néanmoins erroné. De 2008 à 2012, les entrées en apprentissage ont stagné, malgré un climat économique loin d'être favorable.

2. Le grand flou financier : complexifier et changer sans cesse la donne pour tout casser et faire perdre confiance aux entrepreneurs.

Même si la carotte financière n'est pas toujours le principal moteur d'un recrutement en apprentissage, les TPE, dans lesquelles s'opèrent environ 55% des embauches, y sont sensibles. Or, ce n'est pas la clarté qui a primé ces dernières années.

Les aides financières à l'apprentissage ont été rognées en début de quinquennat, avant d'être rétablies sous d'autres formes en 2015.

Un aller-retour et des annonces politiques en pagaille, qui auraient découragé les entrepreneurs.

Toujours sur l'aspect financier, le système de rémunération de l'apprenti s'avère extrêmement complexe à appréhender, or un entrepreneur aime savoir sur quel pied danser.

Selon l'âge du jeune et l'avancée dans le cursus, il sera payé 25%, 37%, 41%, 49%, 53%, 65% ou 78% du Smic.

Et encore, ces règles ne valent que si la convention collective n'impose pas d'autres montants... "Le chef d'entreprise ne sait pas du tout combien il va devoir payer", déplore Alain Griset, président de l'Assemblée nationale des chambres de métiers et de l'artisanat, qui milite pour une refonte vers plus de simplicité.

3. Un enseignement déconnecté des besoins des entreprises

Les entrepreneurs jugent que les diplômes de l'éducation nationale - BEP- CAP - ne sont plus en rapport avec les besoins des entreprises : trop d'enseignement théorique, pas assez de connaissances pratiques.

Quant au Bac Pro, qui court sur trois ans, ils le boudent, par peur de s'engager sur un temps trop long. "En Allemagne, où tout le système de l'apprentissage est construit autour de l'entreprise, ce sont les branches professionnelles qui édictent les titres professionnels", rappelle Alain Griset.

Autre problème pointé par les dirigeants, la méconnaissance par les jeunes des "fondamentaux" de l'entreprise, notions qu'ils voudraient mieux intégrées dans les cursus de formation (règles de fonctionnement de l'entreprise, droits et devoirs des salariés...).

"Je tiens une boulangerie-pâtisserie à Dijon, témoigne Jean-Pierre Crouzet. J'ai eu beaucoup de mal à trouver un apprenti. Le premier est resté trois jours, même chose pour le deuxième. Á chaque fois au motif qu'il était trop dur de se lever de bon matin. Le 3e a disparu du jour au lendemain et sa mère est venu me dire, au bout d'une semaine, qu'il ne reviendrait pas avant le mois de mars, pour je ne sais quelle raison..."

Il serait aussi de plus en plus courant, même s'il ne faut pas en faire une généralité, de faire face à des jeunes ne sachant pas lire ou compter.

"Si je ne peux pas dire à un jeune apprenti 'pèse moi 300 g de sucre', ou s'il ne peut pas tenir la caisse parce qu'il faut savoir rendre la monnaie, on court à l'échec", soupire Jean-Pierre Crouzet.

4. Une prise en charge lourde

Les dirigeants n'ont pas toujours envie de gérer la charge que représente un apprenti, et d'assumer la responsabilité de ce dernier.

"Problèmes d'hébergement, de logement, de santé, de transport pour se rendre au CFA... Si vous voulez que le jeune ne se décourage pas, il faut parfois jouer à l'assistante sociale, regrette Jean-Michel Potier, président de la commission formation éducation. On parle de l'accompagnement de l'apprenti, mais il faudrait aussi de l'accompagnement pour le chef d'entreprise."

Le dirigeant fait face également à des contraintes règlementaires, car l'apprenti, mineur notamment, n'est pas tout à fait un salarié comme les autres. Le fameux "décret escabeau" qui avait été pris pour empêcher qu'il ne travaille en hauteur, est une illustration parfaite des règles rigoureuses que les dirigeants dénoncent.

Il a finalement été supprimé,(encore une marche avant marche arrière du gouvernement qui fait perdre confiance aux forces vives) mais en restent d'autres, comme l'absence totale de flexibilité sur les horaires de travail des apprentis.

Pas toujours pratique, au beau milieu d'un chantier, par exemple.

Par ailleurs, toute embauche d'un apprenti nécessite d'en informer l'inspection du travail. "Inévitablement, celle-ci débarque dans l'entreprise, assure Jean-Michel Potier. Et l'inspecteur vous dit 'tant que je suis là, je vais tout vérifier'. Il ne repart jamais bredouille..."

 

5. Une rupture du contrat vue comme un piège

Enfin, dernier frein, un contrat d'apprentissage ne répond pas aux règles d'un CDD lambda en matière de rupture.

Au-delà des deux mois de période d'essai, délai d'ailleurs jugé bien court pour décider, côté jeune, comme côté employeur, de la poursuite ou non de la "collaboration", il ne peut être mis fin au contrat que par commun accord des parties.

Sans cet accord, la voie judiciaire s'impose. Quand les prud'hommes prononcent la rupture du contrat aux torts de l'employeur, ce qui arrive fréquemment, ils considèrent que l'employeur doit verser au jeune l'intégralité des salaires qu'il aurait perçu si son contrat était allé à son terme, soit parfois presque deux ans de salaire.

"Comment voulez-vous qu'un chef d'entreprise échaudé de la sorte reprenne un jeune en apprentissage ?", soulève Jean-Pierre Crouzet.

Le taux de rupture des contrats d'apprentissage est très important : aux alentours de 25 %.

L'Association nationale des apprentis de France (Anaf) et la région Ile de France ont lancé une opération depuis cinq ans.

Elle instaure dans les CFA une pédagogie particulière, dans le cadre de laquelle le formateur appelle l'entreprise pour connaître ses besoins spécifiques par rapport aux qualifications de l'apprenti. Ce dernier arrive mieux préparé à ses sessions en entreprise.

Résultat : le taux de rupture est descendu à... 5%.

 

IL FAUT SAUVER L'APPRENTISSAGE QUI SAUVE TANT DE JEUNES EN ÉCHEC SCOLAIRE. Ne lassons pas les politiques jouer aux "apprentis sorciers" avec une institution séculaire qui a fait ses preuves.

N'hésitez pas à :

Allez donc voir la réussiite du compagnonnage mais aussi celle des CFA...même si leur fonctionnement peut être amélioré.

Aidez à améliorer l'image de marque de l'apprenti dans une société où il faut valoriser la notion de travail et où le rôle formateur de l'entreprise doit rester primordial.

 

http://travail-emploi.gouv.fr/grands-dossiers/apprentissage/?ar_mode=calcul&gclid=CJ2xlY29hMoCFQHkwgodO0wI-Q

 

 

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