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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 21:23
Monsier MARRATIER et ses défenseurs

Monsier MARRATIER et ses défenseurs

Il faut revenir sur le réquisitoire du Procureur Gilbert LAFAYE pour redonner au procès sa vraie dimension et ouvrir le sous-dossier d'une lacune dans notre législation : les préfets avaient-ils le devoir ou le pouvoir d'empêcher Monsieur MARRATIER d'agir dans l'illégalité totale ?

 

Le procureur  représente la société, il nous représente et parle en notre nom.

Il veut donc à juste titre " un procès pour comprendre, pour servir, pour juger".

C'est vrai qu'à l'issue de ces 5 semaines d'audiences les centaines de personnes qui ont peu ou prou assisté au procès peuvent être parfois désorientées.

Mais cette lente et prudente marche de la JUSTICE c'est pour la bonne cause mais a-t-on été jusqu'au bout ? Comme on le verra ci-dessous : la réponse est donnée par la Défense : NON !

Il faut que tout soit dit pour le respect des droits légitimes de la défense, pour  le respect des victimes et de leurs familles pour que ce procès serve, pour que le fondement des peines requises ne puissent être contestées donc pour que l'exemplarité des justes sanctions fondées et prononcées fasse jurisprudence. Plus de place pour le doute.

 

SUR LE PLAN HUMAIN SI UN INCULPE AVAIT TOUT DIT...

 

C'est vrai qu'on a attendu en vain qu'un prévenu ose se délivrer et dire "oui c'est comme cela que ça se passait à La Faute-Sur-Mer et voilà le résultat, on était pris dans l'engrenage du système MARRATIER nous n'avons jamais osé en sortir. " Avouer ainsi aurait donné tout son sens au procès pour que cela ne se reproduise  plus et que les familles des victimes comprennent.

C'est une évidence qu'entre la profondeur du drame que nous avons ressenti, vécu à travers les témoignages des proches des victimes et le caractère minable des arguments de la défense des prévenus il y a un abîme...à croire par moment que prévenus et victimes n'étaient pas dans le même monde avant et pendant cette nuit du 27 au 28 février 2010. Ils n'ont pu se retrouver lors de ce procès.

N'est-ce pas cela que le Procureur veut exprimer quand il traite certains de "menteurs", qu'il accuse les prévenus d'avoir monté un schéma de défense commun, basique, petit : on ne savait pas, on est des petits dans une petite commune rurale, on n'est pas intelligents...il faut vraiment ne rien avoir comme argument solide pour se réfugier derrière de tels propos, pour ne pas dire  la vérité...surtout quand on est intelligent.

 

"OU EST L'ETAT ?"

 

Cette interrogation martelée par la Défense est un vide abyssal duquel le Procureur n'a pu s'extraire totalement. Il avait tout pour charpenter son réquisitoire sauf qu'il n'avait pas la réponse à cette question "où est l'Etat ?"...où sont les Préfets et les commis de l'Etat qui ont laissé s'établir avant 2000 une zone de non-droit, cette zone de la cuvette mortifère devenue constructible ?

Le mémoire de certains fonctionnaires en poste dans les années 1990 à 2010 doit être encore vive. Les allers-retours de dossiers entre les services  et les préfets leur ont laissé des traces indélébiles. Le Procureur a bien décrit les pouvoirs des préfets...ils ne peuvent agir que lorsque qu'ils arrivent et lors de leur départ. Aucun fonctionnaire responsable, connaissant les lieux et les risques n'aurait accepté de donner un accord sur les projets  des lotissements des DORIS, LES VOILIERS et autres... et pourtant les autorisations de lotir ont été données...donc, avant l'an 2000, le cadre était fixé pour que des constructions puissent voir le jour en zone inondable.

La Défense, sur ce point  au moins, a raison et elle le dira dans une phrase terrible " Vous le savez bien : René MARRATIER n'est pas le responsable de tous vos malheurs.

Cela n'enlève aucune part de responsabilité au " système MARRATIER" et à ceux qui en ont profité car, lui, il savait, il savait tout y compris les faiblesses de l'appareil d'Etat et de ses serviteurs.

Mais ceux qui avaient le pouvoir par leur contrôle de légalité de dissuader Monsieur MARRATIER de se lancer dans une "urbanisation forcenée" et dangereuse n'ont pas joué leur rôle.

Les préfets qui ont témoigné ont été en poste quand tout était ficelé...les permis de lotir étaient accordés et faisaient loi...Le Tribunal Administratif de Nantes ne pouvait que constater cette situation et annuler les décisions préfectorales de refus de permis de construire.

Cette situation est tristement affligeante.

Sur le banc des prévenus tous les acteurs qui portaient une responsabilité étaient-ils bien présents ? 

 

LES PREFETS AFFAIBLIS FACE AUX MAIRES

 

Il y a un autre procès qui s'ouvre régulièrement : c'est celui de la nécessaire loi de décentralisation qui a retiré ses pouvoirs au Préfet et qui a laissé les pouvoirs des maires sans contre-pouvoirs.

De plus les préfets passent mais les maires restent.

Les maires roitelets avec leur cour déshonorent les maires dévoués à plus de 100 % à leurs concitoyens. Le Procureur l'a dit stigmatisant Monsieur MARRATIER par sa soif de pouvoir et son besoin d'être toujours réélu. Mais Monsieur MARRATIER a vu le nombre de Préfets qui se sont succédés à la tête de la VENDEE . Ils ont cédé aux exigences de Monsieur MARRATIER même si la loi était de leur côté.

Comment un maire peut-il avoir d'un côté, toutes les compétences, avoir les mains libres d'agir comme bon lui semble puisqu'il est élu par le suffrage universel et de l'autre, n'avoir aucune responsabilité dans l'exercice de ses fonctions ? Il faut qu'il sorte du cadre normal de l'exercice de ses fonctions pour que sa responsabilité personnelle puisse être mise en cause.

N'a-t-on pas été trop loin dans l'application de la loi sur la décentralisation ?

Certains Préfets n'ont-ils pas abdiqué ?

La question est posée avec le procès XYNTHIA et on en reparlera.

La Défense a bien mis le doigt là où cela fait mal, les familles des victimes ont-elles bien ressenti cela ?

 

 

 

 

 

 

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commentaires

Martine 85 18/10/2014 06:34

Merci beaucoup pour ce compte-rendu très détaillé de ce procès que j'ai suivi jour après jour, quel travail. Bravo
Bien sûr le maire est le principal responsable et il doivent payer pour dédommager les victimes (pour moi la prison dans ce cas précis n'est pas une solution car elle va encore coûter à la société) pour cela comme son adjointe et le frère de celle-ci. Mais néanmoins pour moi le Préfet devrait aussi être sur le banc des accusés car à quoi servent alors les préfets s'ils n'ont aucun pouvoir. Il est important aussi que les maire puissent disposer d'un vrai contre-pouvoir. Quand on sait qu'il y a en France un peu plus de 120 préfets et que certains n'ont aucun territoire à s'occuper, on, ferait une économie très importante en en diminuant le nombre de manière importante. Bon week-end

CACO 20/10/2014 23:32

Merci pour l'attention que vous portez à ce blog et pour la pertinence de votre réflexion. Au banc des prévenus il y avait des absents...N'hésitez pas à nous faire connaître